Voici revenu le temps des serfs
Allez les moujiks au travail !
Aujourd'hui la branche politique du MEDEF, l'UMP (Union pour le Magot Patronal), s'apprête à voter en première lecture la loi sonnant le glas des 35 heures et des fameuses lois sur l'aménagement du temps de travail.
Ainsi si un accord le permet, les entreprises pourront choisir de porter le nombre d'heures supplémentaires jusqu'à 405 heures par an (au lieu de 220 actuellement) à condition de ne pas dépasser 10 heures par jour et 48 heures par semaine.
Comme tout le monde le sait bien ce sont les salariés, sous syndicalisés qui devraient pouvoir imposer leur choix à des patrons qui ne demandent qu'à faire le bonheur de leurs employés. Donc on peut penser que dans nombre de cas l'accord risque de se transformer en diktat patronal pur et dur avec des salariés consultés pour la forme.
Quand à la semaine des 48 heures et la journée de 10 heures elles constituaient déjà les maxima autorisés mais du fait du nombre limité à 220 heures par an elles étaient l'exception aujourd'hui avec 405 heures par an elles risquent de devenir la norme.
Bon nombre de gens qui se sont laissées berner par les promesses de Sarkozy pensaient quand on leur parlait de la fin des 35 heures qui empéchaient celui qui veut gagner plus de travailler plus, que c'était pour revenir aux 39 heures voire pourquoi pas aux 40 heures. Mais non c'était pour aligner le temps de travail sur celui de la chère Albion, modéle pour beaucoup de caciques néo-libéraux.
Rappelons nous aussi que ce ne sont pas les salariés qui choisissent de faire ou ne pas faire des heures supplémentaires mais bel et bien l'employeur qui peut les leur imposer même s'ils ne veulent pas en faire ou moins que ce qui leur est proposé.
Les cadres ne sont pas oubliés.En effet un amendement à la loi propose de porter le nombre de jours de travail de 218 à 235 jours maximum par an. A titre d'exemple prenons l'année 2009 (année d'entrée en vigueur des mesures proposées) L'année compte en tout 365 jours retirons les week-ends (52 x 2 =104 jours), les congés payés (25 jours) et les jours fériés chomés et payés (10 jours) nous obtenons 226 jours de travail. Est ce que les cadres devront venir travailler 9 samedis par an ou renoncer aux jours fériés. Bonjour le stress. Les syndicats de cadres plutot généralement favorables au gouvernement dénoncent un retour au siécle dernier. Ce à quoi l'Enflure (Bertrand) répond qu'il s'agit là d'un maximum. Comme si ça devait empécher certaines entreprises d'aller jusqu'à ce maximum.
L'étape suivante c'est l'abaissement de l'age minimum pour travailler de 16 à 8 ans pour pouvoir pousser des wagonets dans les mines.
Tenir et Résister
Humour Sarkozieux
C'est dire toute la considération qu'il a pour les syndicats qui n'en doutons plus n'auront de cesse à la rentrée de lui montrer que les grèves ne passent pas toujours inaperçues même par lui.
C'est dire aussi le bonheur où il est d'avoir enfin pu restreindre l'impact (faute d'en avoir supprimer le droit pour cause d'inscription dans les textes constitutionnels) de la grève.
C'est dire encore combien il a pris la pleine mesure de ses fonctions qui normalement en font le président de tous les Français avant et même au lieu de rester le cheffaillon d'un parti devant lequel il vient pérorer, stigmatiser et dénigrer à volonté et à satiété.
C'est dire enfin toute l'estime en laquelle il porte toutes les personnes qui, pas plus tard que le mois dernier, ont connu la galère à cause des grèves dans l'éducation nationale ou les transports (RER B ou SNCF), ou n'ont pu suivre les programmes habituels de France Télévision et Radio France pour cause de grève. Mais peut être que ces millions de personnes ne représentent elles "personne" ou quantité négligeable. Et que dire de tous ceux qui font grève pour défendre leur emploi comme chez Bosch à Beauvais qui aimeraient peut être que l'on s'aperçoit qu'elles sont en grève.
Décidement ce type ajoute l'abject à l'indécent et ne s'est imposé aucune barrière même celle qui pourrait l'empécher de plonger encore plus dans les profondeurs sondagières.
Tenir et Résister
Les malades ont toujours tort
On peut déjà s'interroger sur la légitimité de Rocky, ancien directeur de l'audit d'AXA assurances, nommé en 2004 par le gouvernement, à diriger un organisme financé quand même à quelque 57% par les entreprises et les salariés. Il semblerait plus juste que les représentants de ces derniers puissent exercer un contrôle sur l'action du directeur général.
Devant le tollé soulevé par l'annonce de la proposition de Van Roekeghem, la ministre de la santé Roselyne Bachelot est tout de suite monté au créneau. Hier soir entre autres elle est intervenue sur l'antenne de France 2 pour défendre, avec peu de conviction il est vrai, le projet.
D'abord elle a sorti un argument massue : les ALD représentent 12% des malades et 64% des prises en charge par la Sécu.
Ah ben c'te bonne affaire ma pauv' dame. On peut même dire que 100% des malades représentent 100% des remboursements. Il est clair qu'un traitement pour une maladie de "longue" durée coutera toujours plus cher parce que le traitement dure plus longtemps et donc la dépense en médicament augmente avec la durée de prise de ce médicament. Logique non ?
D'ailleurs on peut se demander si dans l'esprit (pas très sain) de Rocky, les fameux médicaments qui passeraient de 100 à 35% seraient assujettis à cette autre gaterie qu'il nous a déjà faite : les franchises.
Ensuite pour définitivement nous convaincre que tout cela serait totalement transparent pour le malade, la dame en rose, a déclaré que la part des remboursements (65%) qui sortirait des 100% serait prise en charge par les mutuelles (ou le gouvernement ou la sécu pour les 8% de non bénéficiaires de mutuelle) et tout ceci sans que les mutuelles n'augmentent leur cotisation parce que "le gouvernement s'engagerait à faire baisser le prix des médicaments".
Mais alors la solution n'est elle pas là pour réduire le déficit de la sécu ? Pourquoi ne pas faire baisser le prix des médicaments tout simplement ? Ainsi la caisse maladie aurait moins à rembourser, les malades pourraient toujours bénéficier des 100% et les mutuelles ne seraient pas obligées d'augmenter leur tarif.
Seulement le probléme c'est de convaincre les laboratoires et l'industrie pharmaceutique qui sont en grande partie responsables de la hausse du coût des ALD.
On peut douter de la volonté de l'ancienne pharmacienne qu'est madame Bachelot à vouloir s'attaquer au surpuissant lobby pharmaceutique.
Tenir et Résister