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LE(s) CRI(s) DU PEUPLE

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Endettement : Entendement et Entêtement

Publié le 16 Septembre 2026 par le cri du peuple

Endettement : Entendement et Entêtement

Comme un triste marronnier d'automne, à l'occasion de la préparation des budgets de l'État et de la Sécurité Sociale, le gouvernement, les parlementaires de droite depuis l'extrême jusqu'aux prétendus sociaux démocrates, les grands patrons et leurs aboyeurs dans les médias ne parlent plus que de la "dette", du "déficit budgétaire" et des potions amères que devrait ingérer le peuple pour faire baisser la fièvre de l'endettement. Et leur entêtement à vouloir toujours poursuivre une politique délétère pour l'économie comme pour la société dépasse l'entendement. 

La dette n'est pas une fatalité. Elle ne tombe pas du ciel et n'est pas non plus un fléau divin. Elle a été créée par les gouvernants qui se sont succédés  au cours des années. Elle opère d'un choix délibéré et non d'une contrainte. 

La question à se poser est  : d'où vient la dette ?

D'où vient la dette ?

Un État, une collectivité territoriale ou un établissement public comme un hôpital ou une université qui ne peut couvrir l'ensemble de ses dépenses par ses recettes qu'elles soient fiscales, sociales ou provenant d'un transfert se retrouve en situation de déficit budgétaire. Pour combler ce déficit l'état, la collectivité ou l'établissement devra, à l'instar d'une entreprise ou d'un ménage, recourir à l'emprunt. Et c'est donc l'accumulation des différents emprunts contractés au fil des années par les gouvernements successifs qui constitue la dette publique. 

Déboguons d'emblée le fameux et fumeux indicateur utilisé par la sphère médiatico-libérale  pour évaluer le niveau de la dette et affoler le peuple : le ratio de la dette cumulée sur le PIB (Produit Intérieur Brut). Les deux grandeurs utilisées n'ont quasiment aucun rapport sinon celui d'être exprimées en monnaie. 

Tout d'abord la dette étant une accumulation d'emprunts est un stock de monnaie alors que le PIB est un flux exprimé en monnaie censé refléter l'activité économique du pays sur une année. Cela n'a aucun sens de comparer un stock avec un flux. Surtout avec une temporalité différente. 

Ainsi quand on nous dit que "La dette publique de la France fin 2025 est estimée à environ 3 460,5 milliards d’euros, soit environ 115,6 % du PIB" on compare juste le montant de la dette au montant du PIB sans qu'il y est de lien entre ses deux grandeurs. Si l'on voulait faire une comparaison plus pertinente, encore que, on devrait évaluer la dette en tenant compte de sa durée. En 2025 l'age moyen de la dette, c'est à dire la durée de vie moyenne des titres de dette en circulation, est de 8.5 ans. On peut dire que la dette sur une année d'endettement est égale à 407 milliards d'euros ce qui équivaut à 13.6% du PIB en 2025.

Dire qu'un endettement correspondant à 115.6% du PIB est alarmant ou une menace revient à s'alarmer de l'endettement moyen des ménages de 72000 euros en 2018 pour un revenu moyen annuel de 27600 euros (soit un ratio de 261%).

De plus à la différence des ménages qui remboursent le capital tout au long de la durée de l'emprunt opéré auprès d'une banque sous forme de prêt bancaire, les États ne remboursent   le capital emprunté  auprès de différents opérateurs financiers (banques , fonds d'investissement, fonds d'épargne...) sous forme de titres d'obligations négociables qu'en fin de période. Pour ce faire pour une grande partie ils émettent de nouveau titres d'emprunt. C'est ce qu'on appelle "faire rouler la dette". Les nouveaux emprunts remboursent pour partie le principal des emprunts arrivés à échéance.  Donc on peut dire que l'État ne verse en réalité que les coupons (intérêts) des obligations qu'il émet. Dit autrement il ne paye chaque année que les intérêts de la dette contribuant ainsi à la prospérité des détendeurs de titres de la dette, banques et autres fonds très preneurs de ces produits financiers sûrs. 

Ainsi si l'on devait prendre un ratio plus pertinent que la dette totale sur le PIB, pour avoir une notion de la vraie grandeur de l'endettement du pays il faudrait opérer la comparaison entre deux flux.  Le montant de la charge annuelle de la dette  (intérêts) par rapport aux recettes budgétaires de l'année qui permettent de financer cette charge. En 2026 le montant de la charge de la dette cumulée des budgets de l'État et de la Sécurité Sociale s'élève à 55 milliards d'euros. Le total des recettes fiscales et sociales prévues est de 1349 milliards d'euros. Le ratio de la charge de la dette sur les recettes est donc de 4%. Ce qui veut dire que 4% des recettes perçues vont servir à payer les intérêts de la dette. 

Comme nous l'avons vu la dette est la conséquence de déficits budgétaires. Il est intéressant de savoir comment nait un déficit budgétaire. 

 

 

Comment naissent les déficits budgétaires ?

Il y a déficit budgétaire quand les dépenses sont supérieures aux recettes. De fait un déficit peut provenir soit d'une augmentation des dépenses avec des recettes constantes, soit d'une baisse des recettes avec des dépenses inchangées ou soit des deux : une augmentation de dépenses conjuguée avec une baisse des recettes. Si l'augmentation des dépenses ou la baisse des recettes peuvent parfois être la conséquence d'évènements inattendus et imprévisibles comme le Covid, la guerre en Ukraine ou le conflit au moyen orient, elle résultent la plupart du temps d'un choix politique du gouvernement.  Pour résumer il y a deux manières de creuser un déficit budgétaires, en augmentant les dépenses ou en diminuant les recettes. 

Intéressons nous maintenant à l'évolution des recettes et dépenses budgétaires depuis l'arrivée en 2017 à l'Elysée du "prince de la finance", l'ex-banquier Emmanuel Macron  à l'heure où celui-ci à travers son premier ministre demande aux Françaises et Français de faire un effort pour contenir un déficit qu'il a lui-même grandement contribué à creuser. 

Depuis 2016, dernière année de règne plein de "l'ennemi de la finance" jusqu'en 2025 les dépenses budgétaires en France ont augmenté en pourcentage de PIB de 1.4 points alors que dans le même temps les recettes, elles, ont diminué de 6 points. En clair nous payons aujourd'hui avec l'extinction de nos services publics les cadeaux fiscaux, (suppression de l'ISF, prélèvement forfaitaire sur les dividendes...) que Macron a fait au début de sa délétère présidence.

Et non le choix n'est pas entre une diminution des prestations sociales ou la responsabilisation des malades à coup de franchises mais bel et bien entre  une marche forcée vers la marchandisation de la vie et des services publics ou faire payer les plus riches qui, en proportion de leur revenu et patrimoine, contribuent  jusqu'à 10 fois moins que les plus pauvres. 

Souvenons nous que la dette et les déficits budgétaires ne sont pas une fatalité immanente à l'économie politique  mais qu'ils proviennent toujours d'un choix politique délibéré d'hommes et de femmes.

Tenir et Résister

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