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LE(s) CRI(s) DU PEUPLE

La "précision" de la campagne de Sarkozy

28 Janvier 2007 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

Au  gré des entretiens aux média et des déplacements en province se précise le programme économique et social du candidat de l'UMP(Un Ministre Prodigue). Le moins que l'on puisse dire, au vu des différentes mesures annoncées, c'est qu'il s'affirme clairement libéral. En réponse la candidate socialiste, qu'une campagne assez nauséabonde fomentée par les populistes voudrait faire passer pour une incompétente, ne peut afficher que le flou et le mou de son programme.

Ainsi "Le Parisien" publie un sondage (qu'il convient comme toujours en matière d'enquête d'opinion de prendre avec précaution) dans lequel on apprend que 57% des sondés trouve la campagne de Sarkozy plus "solide" que celle de Royal, 52% la juge aussi plus "précise" contre 23% pour la dame de Charente Poitou et enfin 45% pensent que la campagne du sinistre de l'intérieur est plus "crédible" que celle de la candidate du PS (31%).

Un autre sondage publié lui dans Métro montre que 36% des personnes interrogées pensent que Nicolas Sarkozy est le plus apte à améliorer le pouvoir d'achat des Français devant Ségoléne Royal (28%).

Dans la suite de l'enquête on apprend que pour améliorer le pouvoir d'achat, 57% des personnes interrogées préconisent une baisse de la TVA. La réduction de la fiscalité sur les carburants arrive en deuxième position pour les solutions citées (43%), devant une "augmentation significative du SMIC horaire" (36%) et "une nouvelle baisse de l'impôt sur le revenu" (33%).

Comme souvent en matière de sondage on peut noter une certaine contradiction entre le fait que les gens placent la baisse de la TVA comme la mesure la plus apte à améliorer leur pouvoir d'achat, le fait qu'ils jugent le programme de l'UMP "précis", ce qui suppose qu'ils ont bien intégré le projet, et le fait qu'ils pensent que Sarkozy, porteur de ce projet qu'ils ont bien intégré, est le plus apte à augmenter le pouvoir d'achat.

Parce que lorsqu'on regarde le programme du candidat à l'élection présidentielle, qui est, il faut le reconnaitre trés "précis" et "solide" on ne trouve nulle part une mesure de baisse de la TVA. Voire pire les seules mesures annoncées à ce jour peuvent effectivement améliorer le pouvoir d'achat mais seulement des plus riches ou de ceux qui voudraient travailler plus (encore que là tout reste à voir en particulier en ce qui concerne la démarche volontaire du salarié et la possibilité pour l'employeur à donner la possibilité de travailler plus). Par contre le réaménagement du bouclier fiscal avec son abaissement à 50% et l'intégration des CSG et CRDS, l'exonération des droits de succession pour 95% des héritages ou le paiement d'une franchise (dont on ignore encore le montant)  pour les soins sont des mesures réelles et précises annoncées par le président de l'UMP.

Tout cela laisse pantois sur l'aptitude des Francais à juger un programme politique économique et social. Ou  l'on peut penser comme disait De Gaulle que les Francais sont des veaux.

Si elle veut rester dans la course la gauche doit expliquer clairement quel serait le résultat des mesures avancées par l'UMP pour la plus grande majorité d'entre eux, avec des exemples précis et concrets qui puissent les toucher.

Tenir et Résister

 

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Les incohérences de Nicolas Sarkozy

24 Janvier 2007 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

Dans un entretien accordé au "Monde", Sarkozy définit un projet économique qui se propose de faire du travail ou plutot de la juste récompense de ce travail, l'axe de sa politique en la matière.

Ainsi il propose d'éxonérer de charges sociales pour les entreprises et d'impot sur le revenu pour les salariés les heures supplémentaires. Outre le fait que l'application d'une telle mesure risque d'être particulièrement difficile, on peut très bien imaginer que des entreprises voudront enfin passer aux 35 heures (que le président de l'UMP a apparement renoncé à supprimer) pour pouvoir payer des heures moins cher.

Par ailleurs le sinistre de l'intérieur propose pour ceux qui payent l'ISF une déduction de 50000 € sur cet impot à condition que l'argent soit investi dans des PME et surtout de baisser le bouclier fiscal (totalité de la fiscalité payée ) à 50% des revenus en intégrant la CSG et la CRDS.

Enfin il propose d'éxonérer de droit de succession 95% des ménages francais.

 Affirmer d'un coté que l'on veut mettre au centre de sa politique le travail et d'un autre vouloir faciliter l'héritage et baisser les impots des plus riches est pour le moins paradoxal.

En effet s'il est un enrichissement qui n'est pas mérité c'est bien l'héritage. Où se trouve la juste récompense d'un travail dans l'héritage ? Quel mérite y a-t-il à être parent ou héritier ? A l'instar d'un Proudhon on peut être tenté de dire que "L'héritage c'est du vol". Ca peut être aussi une incitation à la paresse.

On peut se dire qu'il  y aura toujours les 5% les plus riches (enfin on peut le supposer  même si le Faucon de Beauvau ne le précise pas) mais quand on regarde le niveau des patrimoines des Français on constate que 50% des Français ont un patrimoine supérieur à 110000€ et les 10% les plus riches ont un patrimoine supérieur à 250000€.

Quand Sarkozy parle de remettre la France au travail assez bizarrement on ne peut s'empécher de penser qu'il veut surtout remettre la France des déshérités, celle des RMistes et autres chomeurs (surtout quand on note dans ses propositions l'obligation d'accepter un travail pour les allocataires de minima sociaux). Par contre pour celle des héritiers et des profiteurs de la bourse rien de tel.

Tenir et Résister

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Pour quoi les Français votent ?

21 Janvier 2007 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

L'autre jour une personne disait  qu'elle ne voterait pas pour Sarkozy parce qu'il "avait mis des radars partout" et une autre de lui répondre qu'elle ne voterait pas  pour Royal parce qu'elle "était psychorigide". Et le soir sur Arte était diffusé "Poison d'Avril", excellent téléfilm  mélangeant images de fiction et extraits de "vrais" journaux télévisés qui montrait  comment, en 2002, des média (plus particuliérement les télévisions TF1 ou France 2) à la botte du RPR avait fait monter le sentiment d'insécurité pour amener Le Pen au deuxiéme tour de l'élection présidentielle (probablement parce que Chirac craignait d'être battu par un Jospin au deuxième tour).

Tout ceci peut nous faire nous poser la question : pour quoi votent les Français ? Ou dit autrement : quels sont les motifs qui font que l'on choisit tel ou tel candidat ?

Je pense qu'une minorité des Français font leur choix après une analyse des différents programmes ou projets, quand il y en a, qui d'ailleurs sont souvent incompréhensibles ou alors ne se résument qu'à un bazar à la Prèvert de promesses  où chacun peut y trouver son bonheur.

Une partie  fait son choix par habitude ou par sentiment d'appartenance ou de rejet de l'autre obédience : on a toujours voté à gauche dans la famille ou on ne se reconnait pas dans la droite. A ce propos si vous demandez aux gens pourquoi elles sont de gauche ou de droite elles ne pourront pas vous le dire précisément. Elles pourront vous parler de valeurs communes : la générosité pour la gauche et l'ordre pour la droite par exemple (alors même que l'on ne saurait dire que la droite ne sait pas être généreuse et que la gauche c'est le désordre) ou de sentiments mais la plupart du temps elles auront du mal à vous l'expliquer.  

Une autre part importante de la population fait son choix en fonction du bilan réel (quand on peut le connaitre) ou apparent (le plus souvent) des différents candidats dans leurs fonctions. Mais le plus souvent le choix est opéré par rapport à une mesure dont on a été victime ou bénéficiaire : les radars sur les routes par exemple.

Le choix sur le bilan peut se faire aussi sur un bilan ressenti (ou que l'on vous fait ressentir) : l'incurie des socialistes à conjuger une supposée croissance de l'insécurité en 2002.

Certains électeurs, probablement nombreux aussi, se déterminent en fonction de la personnalité voire du physique des candidats : Royal la psychorigide ou la belle femme, Sarkozy le beau parleur ou l'agité...... D'autres encore se réferrent à une attitude (le roquet Fabius en 1986) la phrase d'un débat ( "Si je suis l'homme du passé vous êtes celui du passif "de Mitterrand en 1981)  voire à la marionnette du candidat à la télé (Chirac aux guignols de l'info en 1995).

De tout ceci il ressort que les programmes ou projets ont une importance toute relative dans le choix des Francais. Et  aussi que souvent on vote plus contre l'adversaire que pour le candidat (au deuxième tour bien sur). Je pense que la gauche si elle veut l'emporter; elle doit effectivement avoir un projet qui doit être réellement ancré dans le social et l'égalité et qui doit ne pas hésiter à remettre en question tous les cadeaux que l'actuel gouvernement a fait aux plus aisés (qui de toute façon ne voteront pas pour la gauche). Mais elle doit surtout inlassablement montrer ce qu'est le bilan réel du gouvernement et surtout bien sur de son sinistre de l'intérieur.

Tenir et Résister 

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