La cigale Sarko et la fourmi Bancaire
On ignore tout de cet emprunt si ce n'est que sa date de lancement pour 2010. Et encore Fillon qui se voit en la circonstance transformé en grand Chambellan, n'a donné aucune information sur son montant ou son taux d'intérêt.
Rappelons tout de même quelques chiffres pour se rendre compte de l'absurdité que constitue l'idée même d'un emprunt en cette période de crise intense :
La dette de la France se monte en 2009 à environ 1300 milliards d'Euros soit 69% du PIB ou 21500€ par personne.
Le service de la dette (intérêts versés aux préteurs) pour 2008 était à 43 milliards d'Euros soit le deuxiéme poste budgétaire de l'Etat aprés l'Education Nationale
Pour 2009 et pour la première fois depuis qu'il existe, l'impôt sur le revenu devrait juste couvrir ce service de la dette.
Enfin selon un sondage récent, 71% des personnes interrogées se déclarent pas interessées par l'Emprunt Sarko.
On peut donc penser que cet emprunt sera souscrit principalement par quelques grosses fortunes bénéficiant déjà du bouclier fiscal et les "Zinzins"(Investisseurs Institutionnels : banques, organismes de crédit ou d'assurances)qui sont rappelons nous les principaux bénéficiaires du plan de relance de Sarkozy.
D'ici à ce qu'ils achétent de l'emprunt Sarkozy avec des fonds provenant des prêts consentis par ce même Sarko lors de son plan de relance, il n'y a pas loin.
Autre chose le principal bénéficaire d'un emprunt d'Etat c'est le secteur bancaire qui peut facturer des opérations à ses clients.
Tenir et Résister
On prend les mêmes et on continue
Fillon 4 : l'ouverture à.........droite.
On nous l'avait dit et lui même l'a officiellement annoncé lors de la scéance (à 400 000€) devant le congrés, Sarkozy, fort de son "succés" (selon nombre de commentateurs) à 11% des inscrits aux Européennes, continuera sa politique de réformes démolitions du modéle social français.
Et pour mettre en place sa politique il devait procéder à un aménagement ou remaniement du gouvernement. Les journalistes croyaient savoir (d'après que mais c'est pas sûr), qu'à l'occasion de ce changement d'équipe, la buse de l'Elysée devait poursuivre sa politique d'ouvertureen péchant quelques bonnes prises à gauche. Des noms circulaient dèjà dans les rédactions. Qui serait le prochain traitre, prétenduement à gauche, qui irait à la "soupe" ? Allègre ? Trop marqué écoloclaste! Un vert ? Jack Lang ? Trop expérimenté et éternel ministre de la culture! Qui alors?
Et voilà qu'hier on nous annonce que Mitterrand va faire son entrée au gouvernement. Non pas le défunt président de la république mais son neveu, Bossuet Télévisuel spécialiste des oraisons funébres, du cinéma, de la Kulture avec un grand K de Qualité avec un gros Q, celui là même qui se fit remarquer dans la défense du service public télévisuel en 90 alors qu'il n'était pas franchement menacé, et qui aujourd'hui ne trouve rien à redire sur la réforme de l'audiovisuel public voulue par et pour Sarkozy.
Des journalistes voient dans la nomination de Mitterrand à la culture un signe d'ouverture à gauche. Rappelons d'une part que le nom de Mitterrand n'est pas anodin dans le choix de Sarkozy qui certainement y voit là un beau coup médiatique, Et d'autre part ça fait plus de 14 ans que le thuriféraire télévisuel amateur de têtes couronnées n'est plus franchement à gauche. En effet en 1995, il appelait à voter pour Chirac qui, malgré les récents propos de Bernadette, n'est pas un gauchiste avéré. Donc si ouverture il y a, elle est plutôt à droite en l'espéce.
Certains à l'annonce de la composition du gouvernement parlaient avec la nomination de Michel Mercier, sénateur Modem du Rhône, d'une ouverture au centre. Primo avec cette nomination Sarkozy, et c'est là peut être son unique motivation, affaiblit encore plus son ennemi Bayrou. Secundo le Modem malgré sa posture qui se veut médiane et médiatrice, reste avant tout un parti de droite. Et encore une fois l'ouverture si c'en est une, est une ouverture à droite.
Sans ça on remarquera le sempiternel jeu des chaises musicales pour quelques postes clés. Alliot Marie qui passe de l'intérieur à la justice, Hortefeux du travail à l'intérieur, Darcos de l'éducation au travail, Chatel de l'industrie à l'éducation.....C'est toujours étonnant de voir un homme politique passer d'un ministére à un autre. On pourrait se dire que pour prendre un portefeuille un minimum de connaissances techniques pourrait être requis. Mais non! Ainsi le trés libéral Luc Chatel, de formation commerciale, ancien DRH de L'Oréal, se voit il confier le portefeuille de l'éducation. Mais il est vrai qu'avec Sarkozy, les ministres n'ont pas besoin d'être des spécialistes puisqu'il y à déjà à l'Elysée un omniscient entouré de vrais spécialistes.
Tenir et Résister
Abysses
Rappelons nous les cris d'orfraie des caciques du RPR en 1991 alors que les comptes de la sécu affichaient un déficit de 15 milliards de Francs (soit quelque 2.3 milliards d'Euros). Avant que ce même RPR revenu aux affaires et son ministre du budget de l'époque un certain Nicolas Sarkozy ne le fassent plonger pour atteindre 65.6 milliards de Francs (10 milliars d'Euros) en 1995. Sous les gouvernements Juppé et Jospin qui suivirent on a pu observer une remontée jusqu'à un excédent en 1999,2000 et 2001. Et depuis les comptes de la sécu n'arrêtent pas de plonger pour atteindre les profondeurs abyssales d'aujourd'hui.
Rappelons nous qu'il y a déficit si les dépenses sont plus importantes que les recettes. Et donc pour compenser un déficit on peut soit réduire les dépenses (ce que privilégie le gouvernement libéral aujourd'hui) soit augmenter les recettes (ce que devrait normalement s'attacher à faire un gouvernement progressiste) soit les deux.
Donc avant de vouloir mettre une politique en place, il est de bonne gestion ou politique de chercher d'où vient le déficit. Pour essayer ensuite de corriger ou contrer les causes de ce déficit.
Le gouvernement Fillon tout à ses convictions libérales visant à la "privatisation" à l'Américaine du systéme de protection sociale ne combat les déficits successifs qu'aux travers de mesures visant à restreindre les dépenses et par voie de conséquence à baisser la protection sociale.
Le creusement du déficit actuel est du en majeure partie à la montée du chômage comme vient de le reconnaitre le ministre du budget, Eric Woerth. Et un emploi de perdu c'est des cotisations sociales en moins et donc des recettes en moins. Ainsi une personne payée au SMIC qui perd son emploi c'est 10780€ en moins de recettes annuelles pour la sécurité sociale. Rappelons ici que les prévisions pour l'année 2009 sont de 630 000 chomeurs de plus (et pas tous au SMIC) soit un manque à gagner de 6 à 7 milliards d'Euros.
Le bouclier fiscal s'appliquant depuis 2007 aussi pour la CSG qui est une ressource pour la sécurité sociale, entraine également une baisse des recettes pour la protection sociale.
Tout comme les exonérations ou allégements consentis aux entreprises et partiellement compensés avec retard par l'Etat.
On peut dire sans hésitation que le déficit de la sécu est plus du à une baisse des recettes qu'à une augmentation des dépenses.
Or on s'aperçoit que toutes les solutions avancées ces derniers temps par les membres du gouvernement et probablement reprises par Sarkozy lors du congrés de la semaine prochaine visent principalement à réduire les dépenses et donc à terme à organiser la baisse des prestations ou le déremboursement d'une part de plus en plus importante des soins et médicaments.
Ainsi le passage de l'age de la retraite à 67 ans (ou tout du moins l'annonce préparatoire qu'en a fait Hortefeux employant la technique désormais rodée du ballon d'essai) ou la lutte contre les arrêts maladies abusifs (estimés à plus de 16% par Woerth dont on ne connaissait pas les aptitudes en diagnostic médical).
En attendant une probable augmentation des franchises médicales tout comme du forfait annuel (de 50 à 80, 100 voire 150€).
Des solutions pour augmenter les recettes, ou tout du moins pour limiter les manques à gagner, existent.
Déjà on pourrait enlever la CSG de la couverture du bouclier fiscal (bien que la meilleure solution serait de le supprimer).
On pourrait aussi demander aux entreprises qui licencient alors même qu'elles ne sont pas en liquidation, voire alors même qu'elles dégagent des bénéfices, de verser l'équivalent de 3 ans ou plus de cotisations sociales patronales et salariales pour chaque salarié licencié. Et ce d'autant plus qu'elles ont bénéficié d'allégements ou d'éxonérations de charges sociales.
Pourquoi pas encore supprimer tous les allégements ou éxonérations de charge consentis aux entreprises et baisser l'ensemble des taux de cotisations sociales de 5% (2% pour les Salariés et 3% pour les entreprises) ?
On pourrait encore mettre en place pour les produits provenant de pays à bas cout de main d'oeuvre une Contribution Sociale Compensatoire variant de 0.5 à 1.5% du prix import en fonction de la différence du cout de la main d'oeuvre .
Ce sont là quelques pistes qu'hélas le gouvernement de Fillon ne semble pas prêt à explorer.
Tenir et Résister