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LE(s) CRI(s) DU PEUPLE

Le pouvoir d'achat de Sarkozy

27 Avril 2007 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

Hier soir sur France 2, devant des journalistes beaucoup moins vindicatifs que la veille face à Ségoléne Royal, Nicolas Sarkozy a pu nous montrer son réel talent d'orateur et se force de persuasion.

Alors que la candidate qui se voulait pédagogique et désireuse d'appréhender les problèmes dans leur complexité, partait dans des explications souvent techniques (voire parfois technocratiques) pour proposer des solutions complexes et dans lesquelles on peut difficilement se projeter, le candidat de l'UMP lui propose des solutions qui paraissent simples voire simplistes. Ainsi dans un but de simplification l'ancien ministre des finances va à l'essentiel et omet de donner quelques précisions sur les mesures qu'il propose

Arrêtons nous sur deux des mesures que compte mettre en oeuvre l'ancien ministre de l'intérieur : le recours aux heures supplémentaires pour relancer la croissance et la possibilité de l'instauration de la TVA sociale pour déplacer une partie du financement des charges sociales des entreprises vers les marchandises.

Sur le recours à des heures supplémentaires payées à 25% et exemptées de charges sociales et défiscalisées  on a pu déjà presque tout dire :

que le choix du recours aux heures supplémentaires appartient bien aux seuls employeurs  (et oui malgré le slogan "ceux qui veulent gagner doivent pouvoir travailler plus" ce ne sont pas les salariés qui décident des heures supplémentaires ),

que déjà les entreprises peuvent recourir aux heures supplémentaires,

que ce recours à ces heures risque d'entraver la lutte contre le chomage ou tout du moins de retarder l'embauche de nouveaux salariés par les entreprises qui préféreront utiliser leur quota d'heures sup avant de recruter

que le fait que ses heures sup ne sont pas soumises à cotisation sociale elles risquent fort de ne pas être prises en compte pour le calcul de la retraite

et que dans certaines entreprises la durée du travail hebdomadaire est déjà de 39 heures et aussi que certaines entreprises payent les heures, au dela des 35 heures et jusqu'à la 39ième avec une majoration de 10% suite aux mesures Fillon

Mais le plus important c'est le fait que cette mesure ne s'appliquerait pas à l'ensemble des salariés en France et qu'actuellement personne ne peut chiffrer avec précision le nombre de personnes qui seraient concernées par cette augmentation de revenu et pouvoir d'achat.

Quant à l'instauration d'une TVA dit "sociale", on peut aussi soulever un certain nombre de remarques :

Tout d'abord une explication. La TVA sociale consiste en gros à transférer une partie des charges sociales payées par les entreprises dans la TVA payée, comme toute le monde le sait par l'ensemble des consommateurs. Donc une partie de la TVA ainsi payée va vers les impots et une autre partie va dans les caisses de la sécu. Ceci est sensé faire baisser le prix de la main d'oeuvre, et permettre de taxer un peu plus les produits importés de pays à bas coup de main d'oeuvre.

Pour que cette mesure soit efficace on estime qu'il faudrait augmenter le taux de TVA de 3% au minimum. C'est ce qu'a fait le gouvernement Allemand avec des résultats beaucoup moins évidents que ce qu'a affirmé Monsieur Sarkozy. Rappelons nous aussi qu'outre Rhin le taux de TVA est passé de 16 à 19% très en dessous des 22.6% qu'afficherait le taux de TVA en France si la mesure était appliquée.

Selon Monsieur Sarkozy cette mesure ne serait pas non plus inflationniste parce que les entreprises voyant leurs charges baisser  baisseraient d'autant leur prix nets. Et là encore rien n'est moins sûr. Même si elles répercutent la baisse de charge sur leur prix on peut parier que bon nombre d'entreprises ne le feront qu'en partie ou pas du tout. (Souvenons nous des restaurateurs qui devaient baisser leur prix suite à certaines mesures concédées par Raffarin). Et donc on peut sans problème conclure qu'une telle mesure si elle était appliquée demain dans notre pays aboutirait à une augmentation des prix et donc par voie de conséquence à une perte de pouvoir d'achat pour l'ensemble des Francais. Cette perte étant bien sur proportionnellement plus importante pour les faibles revenus que pour les forts.

Et donc voila si on rapproche ces deux mesures on peut constater que l'augmentation du pouvoir d'achat ne toucherait qu'une partie infime de la population alors que la perte affecterait l'ensemble de la population.

Tenir et Résister

 

 

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Lettre à un Francais qui veut élire Sarkozy Président

24 Avril 2007 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

Bonjour,

Eh toi là qui vote Sarkozy qui s'est surement égaré sur ce blog, trompé par le titre de ce post, ne zappe pas tout de suite, installe toi tranquillement et prend le temps de lire la suite....

Faisons un pari :

Si tu ne fais pas partie de ceux qui gagnent plus de 1450€ net par mois comme la moitié des salariés français, de ceux qui ont une bonne mutuelle, de ceux qui hériteront de plus de 110 000€, de ceux qui payent l'ISF mais si tu votes Sarkozy alors je te fais le pari qu'avant 2 ans tu regretteras ton vote et même peut être que tu défileras dans la rue.

Ou bien c'est :

que tu auras gagné beaucoup d'argent pour pouvoir profiter des baisses d'impot sur le revenu

que tu auras eu la chance d'avoir un patron qui te permette de faire des heures supplémentaires (si tu n'es pas déjà aux 39 ou 40 heures),

que tu ne seras pas tombé malade (et donc que tu n'auras pas eu à payer la franchise de 100€ )

que tu ne seras pas devenu un de ces fainéants d'assistés chômeurs ou RMistes qu'il faut remettre au travail,

que tu n'auras pas été victime de la violence physique  qui a augmenté de 13% depuis 5 ans,

que ton pouvoir d'achat n'aura pas été trop affecté par l'augmentation de 3 points de la TVA (qui deviendra sociale pour compenser les allégements de charges sociales consentis aux entreprises)

que tu n'auras pas été licencié du jour au lendemain sans motif six mois après avoir été embauché en CTU (Contrat de Travail Unique),

 que, chômeur, tu auras accepté de bonne gràce l'emploi à temps partiel très en dessous de ta qualification et à l'autre bout de la ville que t'aura proposé l'ANPE après ton refus de la précédente et première proposition,

que tes enfants auront été bien sages à la maternelle et n'auront pas fait l'objet d'un signalement à la police ou à la mairie pour comportement associal ou violent,

que tu n'auras pas essuyé,sous pretexte qu'il n'y a plus de place, le refus du principal du bon collège où, après l'abandon de la carte scolaire, tu voulais inscrire ton fils ou ta fille ...

Tu te dis que j'affabule, je noircis volontairement le tableau. Tu as probablement raison. Mais es tu sur toi même que toutes les promesses qu'a faites le candidat de l'UMP seront tenues ? Es tu sûr que le discours social adopté ces derniers temps n'est pas qu'un discours électoraliste qui une fois l'élection passée ne sera plus qu'un beau souvenir ? Demande toi peut être par exemple comment quelqu'un qui a proné la rupture avec la politique telle qu'elle était pratiquée par des ministres (dont lui même d'ailleurs) issus de son parti puisse avoir aujourd'hui comme principaux soutiens ces mêmes ministres qui probablement demain seront à nouveau ministres. Ou bien rappelle toi l'engagement personnel pris devant les salariés de gaz de France de ne pas descendre la participation de l'état en dessous de 70% par le ministre Sarkozy moins d'un an avant que l'Etat ne ramène cette participation à 35%.

Je sais bien que l'on pourrait tout autant s'interroger sur les promesses faites par la candidate socialiste mais tu vois moi je préfère entendre quelqu'un parler de solidarité plutot que d'assistanat par exemple

J'espère que ces quelques mots t'auront amené à réfléchir et que même si tu votes Sarkozy tu le feras en pleine connaissance de cause.

Allez sans rancune

Tenir et Résister

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La fatalité du libéralisme ou le choix d'en sortir

20 Avril 2007 , Rédigé par jacques vingtras Publié dans #lecridupeuple

La campagne électorale qui s'achève, au moins dans sa première phase, a tenu plus du combat médiatique sur la forme, dans lequel les candidats, principalement les favoris, auront plus joué de leur image que  parler du fond : leur projet. Mais n'est ce pas un peu le principe même de l'élection présidentielle, qui se veut la rencontre d'une personnalité avec le peuple, qui pousse les postulants à se mettre en avant au détriment de leur programme?

Ainsi par la volonté du candidat donné comme le grand favori de la compétition par les sondages et média, le débat a été le grand absent de cette campagne.Peut être le président de l'UMP  redoutait-il que la confrontation avec les autres projets ne l'oblige à fixer son programme et le prive de la grande souplesse et liberté de promettre dont il a joué tout au long  de la campagne.

Mais ne nous y trompons pas, les élections présidentielle et législatives qui suivront sont, en 2007, et peut être comme ça ne l'a jamais été sous la cinquième république, un véritable choix de socièté.

 

Et ce choix est clair : ancrons nous le société française de façon  irrémédiable et dans la durée  dans le libéralisme décomplexé et quasi universel avec Sarkozy, Le Pen  ou (même s'il ne le dit pas explicitement) Bayrou  ou alors tentons nous , d'en limiter la portée, d'en atténuer les effets néfastes pour les personnes les plus faibles et d'en combattre les domages qu'il peut occasionner dans  la société avec la gauche, même d'une manière plus restreinte avec Royal?

La droite dans son ensemble ainsi que certains prétenduement à gauche, relayés il est vrai par une grande partie des médias, oeuvrent pour ancrer dans l'esprit des français l'idée que le libéralisme est une fatalité à laquelle notre pays ne peut échapper sous peine, mondialisation oblige, de voir notre économie s'effrondrer et prendre un retard irratrappable dans la course à l'enrichissement.

La seule et vraie pensée unique dénoncée dans les discours jadis par le candidat Chirac mais renforcée par les actions du président Chirac est bien celle qui fait de la loi du marché la seule possible et universelle.

Le néo libéralisme économique dont se revendiquaient encore récemment Sarkozy et Bayrou, avant de taire, le temps d'une campagne, leurs aspirations à voir triompher la libre concurrence; c'est laisser le marché faire fonctionner l'économie et réduire le role de l'état aux seules missions de justice, de police, de défense et aussi en partie d'éducation ou de santé.

La loi du marché est celle qui permet à l'offre ou plutot aux offres de certains mis en concurrence de rencontrer à un prix d'équilibre la demande d'autres aussi en concurrence et cela sans intervention extérieure étatique ou autre. L'économie serait ainsi composée d'une infinité de marchés, pour les produits, les services mais aussi pour les facteurs de production comme l'énergie ou la main d'oeuvre sur lesquels les acteurs seraient libres d'agir à leur guise d'où la notion de libéralisme.

Mais si la  théorie peut s'avérer  plaisante,  dans sons application la réalité des faits s'avère beaucoup moins réjouissante pour une partie importante de la population .

Dans la réalité le libéralisme c'est  :

une libre concurrence  de l'offre, sensée faire baisser les prix pour le  consommateur, faussée par quelques entreprises qui, occupant une position de quasi monopole; n'hésitent pas à s'entendre pour imposer leur prix; comme pour le téléphone portable par exemple

Monique B. licenciée après 15 ans  dans un grand groupe de l'agro-alimentaire  qui, pour verser aux actionnaires, à la recherche d'appréciables profits à court terme, des dividendes plus importants , a décidé de moins investir dans son outil de production et donc dans son avenir, de délocaliser dans les pays où la main d'oeuvre est moins chére (loi du marché oblige) et de licencier une partie de son  personnel alors même qu'il vient de faire des bénéfices

Eugènie S, retraitée de 79 ans habitant un petit hameau dans les Alpes qui doit  faire chaque jour 2 km à pied pour aller chercher son courrier dans sa boite aux lettres sur la place du village voisin parce que les services publics (qui n'ont pas encore été concédés à des entreprises privées)  doivent développer leur compétitivité face à l'ouverture du marché et n'assurent plus le service dans certains secteurs sous pretexte qu'il n'est pas rentable

William S, habitant à Londres, qui pour gagner le minimum vital cumule trois emplois dans le nettoyage et la sécurité et qui sait ce qu'est un marché du travail déréglementé où, libéralisme et chomage obligent, les salariés sont forcés de se plier à la volonté des employeurs et d'accepter des contrats de travail précaires (tel le contrat de travail unique de Sarkozy ou universel de Bayrou) pour des emplois à temps partiels avec des salaires maintenus bas pour bénéficier des allégements de charges sociales

Une croissance du PIB,due en partie au transfert d'activité de service public vers le secteur privé et de la sphére privée vers la sphére marchande (les fameux services à la personne) mais une richesse nouvelle mal répartie dont profite pleinement une minorité de plus en plus restreinte d'actionnaires et de rentiers

Helen S. habitant Chicago aux USA, qui comme 48 millions de ses concitoyens, ne bénéficie d'aucune couverture sociale parce que ne gagnant pas assez pour se payer une assurance privée

Rémi G. qui ne comprend pas pourquoi alors qu'il travaille (à mi-temps certes) il ne parvient pas à gagner plus de 522 € (soit en dessous du seuil de pauvreté de 750€ mais au dessus du RMI à 440,86€) et qui vient grossir les rangs des travailleurs pauvres qui sont l'apanage d'une société d'économie libérale

Mohamed J. qui nouveau chomeur de 46 ans,  se demande ce qu'il deviendrait dans une société où règnerait  la compétition et l'individualisme qui exclut rapidement d'un systéme de solidarité rebaptisé "assistanat" par les tenants du libéralisme très limité dans le temps

 

Alors citoyennes et citoyens de ce pays ne croyez pas aux beaux discours de la droite et votez pour un candidat ou une candidate pour qui le libéralisme n'est pas une fatalité absolu.

Tenir et Résister

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