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LE(s) CRI(s) DU PEUPLE

60 ans : Pas encore retraité mais toujours chômeur

30 Mai 2010 , Rédigé par le cri du peuple

Il semblerait que la messe est dite.

Malgré une campagne magnifiquement orchestrée par Sarkozy, le gouvernement et l'UMP avec l'aide (involontaire ?) du COR et parfaitement consciente de la majorité des média, l'opinion publique reste à 57% attachée à la retraite à 60 ans.

Mais n'écoutant pas ce que lui disent les Français, le gouvernement tout attaché à son dogme principal du réglement des déficits par la réduction des dépenses, aurait décidé de passer l'age de la retraite de 60 à 61,62 ou 63ans.

 

On peut déjà noter que cette mesure est injuste en particulier pour ceux qui ayant commencé à travailler avant 19ans souvent dans les emplois les plus durs (parce que ne demandant pas de formation poussée) devront cotisé au dela de la durée de cotisation requise qui doit passer à 41 ans. A moins que, ce qui est fort probable, Sarkozy et sa bande de peigne cul ne décident aussi d'augmenter le nombre de trimestres nécessaires pour percevoir une pension de retraite pleine. 

 

Le recul de l'âge de départ à la retraite va entrainer de manière technique et automatique une augmentation du chômage. En effet rappelons cette particularité bien française : 20% des 15-24 ans et 60% de 55-64ans sont au chômage.

Donc avec un droit à la retraite à 62 ou 63 ans, celui qui à 60 ans est sans emploi (Chomeur ou bénéficiaire de revenu minima) devra attendre 2 ou 3 ans de plus avant de toucher une pension qui sera plus faible à cause des décotes pour trimestres manquant.

Si on prend maintenant le cas d'une personne qui à 60ans a encore un emploi, elle restera donc  2 à 3 ans de plus en activité et reculera d'autant l'embauche de son remplaçant potentiel plus jeune qui soit restera au chômage soit ira s'inscrire au pôle emploi.

 

Le recul de l'age de la retraite pour Sarkozy, Woerth et l'UMP agira plus sur une baisse des dépenses que sur une augmentation des recettes. On voit tout de suite que les recettes engendrées par le versement des cotisations au taux de 15.65% du salaire total de 40% des personnes de 60 ans encore en activité ne couvrira jamais les pensions représentant 50% de ce même salaire des 60% sans emploi.

 

Le COR dans son rapport préconisait en gros trois mesures : le recul de l'age de la retraite, l'allongement de la période de cotisation et la mise à contribution d'autres revenus pour le financement des retraites.

Il semblerait qu'il ait oublié le principal : la lutte contre le chômage.

 

N'oulions pas que nous sommes en France dans un système de retraite par participation ce qui veut dire que ceux qui travaillent payent les pensions de ceux qui sont à la retraite.

En clair si vous ne faites rien pour augmenter l'emploi (et donc les cotisations) vous pourrez toujours mettre en place des plans drastiques pour diminuer le nombre de retraités (et oui c'est de cela qu'il s'agit avec les mesures de Sarkozy) vous serez amenés au bout de quelques années à de nouveaux plans et ainsi de suite jusqu'à la quasi disparition du système de retraite à moins que vous ne trouviez d'autres sources de financement que les simples cotisations sur les salaires.

 

On le voit encore une fois Sarkozy qui n'aura de toutes les promesses électorales faites lors de la campagne présidentielle de 2007 retenu que celle de ne pas être le président qui augmentera les impôts (et encore) ne veut agir que sur les dépenses et jamais sur les recettes. A moins qu'il ne se résigne comme annoncé enfin à mettre à contribution les revenus du capital pour financer les retraites. Espérons seulement que là on quittera le symbolique message à envoyer à l'opinion avec des taux mini pour appliquer des taux de prèlévement vraiment significatifs et efficaces. Mais hélas on ne peut qu'en douter.

 

Tenir et Résister

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La constitution des déficits de Sarkozy

24 Mai 2010 , Rédigé par le cri du peuple

 Sarkozy veut lancer une réforme de la Constitution qui imposera «à chaque gouvernement issu des urnes de s'engager pour cinq ans sur une trajectoire de déficit».  C'est du grand n'importe quoi !

En attendant l'inscription dans la constitution des déficits interessons nous un peu à la constitution des déficits.

Prenons par exemple la courbe des déficits publics  et de son corrolaire la dette publique depuis 30 ans.  Que constate-t-on ?

Les deux seules périodes où le  déficit public a dépassé les 5% du PIB  c'est entre 1993 et 1995 et depuis 2009 !

Rappelons qu'entre 1993 et 1995 le ministre du budget était un certain Nicolas Sarkozy. On peut mesurer toute la grandeur de l'exploit d'avoir des déficits importants lors d'une période où les privatisations avaient été relancées.

Alors que le gouvernement Jospin entre 1997 et 2002 avait réussi à contenir le déficit du budget de l'Etat  en dessous des 2% et surtout à rendre bénéficiaire les budgets de la sécurité sociale dès 2003 le déficit recommençait sa descente, il est vrai modérée jusqu'en 2008 pour atteindre aujourd'hui plus de 8% principalement à cause de la crise et des plans de sauvetage de la banque et de l'industrie automobile qui l'ont suivie.

Rappelons encore une fois que le désormais chasseur de déficits (sous la férule de la chancelière de l'Europe la trés souriante Anguella Mére Quelle) était aux affaires en tant que ministre de l'intérieur, des finances et Président de la République.

Donc s'il est un spécialiste des déficits publics en France et dans le monde c'est bien le chou chou de la grande bringue du 16ème.

Si la maîtrise des déficits ait déjà été gravée dans le marbre lorsque Sarkozy était en fonction, ses budgets auraient été systématiquement retoqués par le conseil constitutionnel.

 

Ce qui est génant dans cette affaire d'obligation de réduction de déficit inscrite dans la constitution,  c'est d'une part le fait que cela risque de contenir l'action en matière budgétaire des futurs gouvernements qu'ils soient de droite mais surtout de gauche et d'autre part que la seule application d'un tel principe pour Sarkozy ne signifie ni plus ni moins qu'une réduction des dépenses.

 

Rappelons ici que tout déficit est le résultat de dépenses supérieures à des recettes.

Certains journalistes pour vulgariser la notion de déficit utilise souvent l'image d'un ménage qui dépenserait plus qu'il  ne gagne d'argent. Cette comparaison est fausse. Car un ménage s'il peut agir jusqu'à un certain point sur ses dépenses ne peut pas ou peu agir directement sur ses revenus.

Un Etat peut lui parfaitement agir et sur ses dépenses (avec des restrictions budgétaires) et sur ses recettes (avec la fiscalité).

Sarkozy tout à son principe de non augmentation des impôts (ce qui reste à démontrer) se refuse d'utilisé la fiscalité pour réduire les déficits. Ce qui ne peut conduire qu'à la rigueur . Enfin à une certaine rigueur dont seront victimes les plus démunis. En refusant de mettre à contribution les plus riches et d'instiller une certaine justice sociale dans la fiscalité le prince président du pouvoir d'achat du président va encore approffondir la fameuse fracture sociale chère à son plumitif Henri Guaino.

 

Gageons que tous les doctes Raymonds la Science qui il n'y a pas un an occupaient les plateaux de télévision en nous disant que la France(Enfin Sarkozy et ses affidés) pouvait se permettre de  faire du déficit et qu'il y avait comme pour le Cholesterol du bon et du mauvais déficit, ne vont pas manquer de revenir sur les mêmes plateaux de télévision avec les mêmes costards et le même applomb pour dire que la France (et cette fois c'est de tous les citoyens qu'il s'agit) ne peut plus vivre ainsi au dessus de ses moyens, comme disait cette ordure d'ancien ministre des finances Thierry Breton.

 

Tenir et Résister 

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Le silence des veaux

4 Mai 2010 , Rédigé par le cri du peuple

Dimanche dans le JDD, le conseiller aux affaires sociales de l'Elysée, Raymond Soubie estimait que l'Elysée avait gagné une partie de la bataille de l'opinion sur la question des retraites. Selon lui les chiffres relativement faibles des défilés de la veille 1er Mai, semblent indiquer qu'«une large partie des Français considère qu'une réforme est inéluctable».

 

Ben voyons! Ca fait plus d'un an qu'on nous bassine avec la réforme des retraites qui est "indispensable" pour péréniser notre systéme social et bla bla et bla bla.....

Celui ou celle qui aprés un tel bourrage de crane penserait qu'il n'y aura pas de réforme des retraites n'aurait pas lu un seul journal, écouté un seul bulletin d'info à la radio ou regardé un seul JT depuis au moins 18 mois.

Tout le monde en France et même au dela sait qu'il y aura une réforme du régime des retraites. Et on peut même en soupçonner certains de craindre que la réforme sera, selon la terminologie usitée par Luc Chatel récemment, "politiquement courageuse" ce qui en clair pourrait se traduire par "socialement douloureuse".

 

Donc on peut dire que la faible mobilisation du 1er mai n'est pas due à la prise de conscience par les masses laborieuses de l'inéluctabilité de l'abattage à coup de hache du systéme des rétraites par Sarkozy et sa bande mais doit beaucoup plus au fait de la division syndicale, des vacances scolaires ou que le jour du travail en cette année de grace 2010 tombait un Samedi. A cela vous rajoutez une météo plutot incertaine et vous avouerez qu'il n'y a guère de quoi inciter le prolo inquiet pour sa retraite à battre le pavé.  

 

Fort de cette "victoire", l'Elysée a, dès Lundi, utilisé une technique qu'il adore particulièrement : le lacher de ballon. Rappelons que cette technique consiste par l'intermédiaire d'un média à faire courir une information officiellement officieuse pour voir quelle réaction elle provoque dans l'opinion. Si la réaction est négative on s'empresse de démentir l'information si la réaction est positive ou tout du moins nulle on confirme l'information.

 

Ainsi Lundi matin donc, le "Monde" annonçait que Sarkozy, fidéle à sa pratique de l'écoute des commissions, tables rondes ou concertation qu'il a mis en place à grand renfort de publicité, aurait déjà décidé de reculer l'age de la retraite à 61 ans en 2015, 62 ans en 2020 et 63 ans en 2030.

 Le journal du soir qui parait le matin, précisait même que si politiquement le chef de l'UMP ne peut attaquer de front l'age légal de départ à la retraite, il s'ingenierait à "vider la barrière des 60 ans de sa substance. Soit en renforçant la réforme Fillon, en exigeant encore plus de trimestres de cotisation. Soit en instituant une décote dissuasive pour ceux qui choisiraient de partir en retraite avant les 61, 62 puis 63 ans."

C'est un peu "travailler plus longtemps pour éviter de gagner moins"

Il va s'en dire que le ministre du travail Eric Woerth le cost killer est d'après le journal "réticent à cette hypothése".  Attention il est réticent et non opposé. Vous saisissez tout de suite la nuance. En clair si Sarko demain enfin à la fin de la concertation lui demande de mettre en place ces mesures, Woerth les mettra en oeuvre avec réticence peut être .

Pas besoin d'avoir fait l'ENA (et peut être même il vaut mieux ne pas l'avoir fait) pour comprendre qu'à terme si aucune mobilisation massive des syndicats mais surtout du peuple ne se fait et bien l'age de la retraite sera toujours officiellement à 60 ans mais celui ou celle qui voudra partir à cet age là n'aura droit qu'à une aumone pour seule pension.

 

Décidément Lundi a été une journée riche en lacher de ballon (peut-être l'approche de la coupe du monde) puisque les Echos nous infomait que "le ministère de l'Economie étudie la possibilité d'étendre le forfait social, cette contribution de 4% à la charge des employeurs, à certains revenus encore exonérés de cotisations", comme "les chèques vacances, les titres restaurant, les avantages accordés par les comités d'entreprise, les chèques emploi-service préfinancés ou les indemnités de rupture (pour les licenciements et les départs en retraite)". En clair Bercy envisagerait de taxer ces différents avantages sociaux. En 2008 l'ensemble de ces avantages a représenté la somme de 8.8 milliards d'€ ce qui donnerait 352 millions d'€ de recettes si la mesure avait été appliquée.

On se souviendra que la cour des comptes alors dirigée par Séguin, avait en 2007 estimé le manque à gagner généré par l'exemption de cotisations sociales sur les stocks options à 3 milliards d'euros.  Certes depuis des dispositions ont été prises pour taxer les stock options mais on est encore loin du compte. Ainsi la taxation à 12.5% (10% pour les entreprises 2.5% pour le bénéficiaire) n'aurait rapporter que 1 milliard d'€uros. Il en est de même pour les parachutes dorés.

Ainsi Lagarde leste avec les comptes publics, s'en prend encore une fois aux moins riches. Si elle veut vraiment combler les déficits la solution qui s'impose est la suppression de toutes les niches fiscales et sociales et surtout l'abandon pur et simple du bouclier fiscal qui alors qu'il était sensé stoppé une prétendue hémorragie fiscale due à l'évasion vers des paradis artificiels de certains fortuné n'a aucunement empéché le nombre d'évadés fiscaux de progresser entre 2007 et 2008.

 

On voit bien comment fonctionne ce gouvernement. A l'image de son chef il fait des effets de manche pour épater la galerie alors qu'en coulisse il rend de petits ou grands services à ses amis. Quand une réforme importante doit être menée il prend les décisions puis convoque une commission sensée réfléchir sur la réforme à conduire et avant que la commission ait remis son rapport il lache quelques ballons pour sonder l'opinion espérant  que seul y répondra le silence des veaux que sont pour lui les citoyens de ce pays. 

 

Tenir et Résister 

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