Actionnaires contre Salaires : c'est pas fini !
D'après une étude parue dans "Capital", journal économique plutôt libéral, les dividendes distribués par les sociétés du CAC 40 ont augmenté de 71.4% entre 2000 et 2005. Dans le même temps les investissements de ces entreprises ont diminué de 41.4%. Si l'augmentation des dividendes n'est pas une mauvaise chose en soi parce qu'elle signifie que les sociétés dégagent plus de bénéfices, la diminution des investissements quant à elle pose un grave problème et notamment en terme d'emploi. Une entreprise qui n'investit pas pour moderniser ou développer son outil industriel ou productif n'a pas besoin de personnel nouveau pour faire fonctionner cet outil ou mener les recherches nécessaires au développement.
En investissant moins tout en distribuant plus les dirigeants des sociétés du CAC 40 montrent leur volonté de satisfaire les actionnaires sur le court terme au détriment même du développement de leur entreprise à long terme.
Avant on disait que le patron devait répondre à trois exigences : le développement de l'entreprise, la satisfaction des salariés et la rémunération des actionnaires.
Aujourd'hui il semblerait que le seul but poursuivi est la rémunération de l'actionnaire. C'est un choix purement financier et à court terme. Mais est ce vraiment un choix ?
Si l'on regarde la composition de l'actionnariat des sociétés du CAC 40 on constate que la part des fonds d'investissements (fonds de pensions, gestionnaires de portefeuilles de placements, Sicav...) qui était de 0.1% en 1990 est aujourd'hui de 50% dont plus de 30% de fonds étrangers (principalement anglo saxons ).
On sait que ces fonds exerce une pression forte sur les dirigeants des sociétés dans lesquelles ils investissent en exigeant une rentabilité importante et immédiate. Et les dirigeants n'ont souvent pas d'autre choix que d'augmenter la part des bénéfices distribués en dividendes quitte à ne pas investir ou même à vendre certains actifs. Et c'est ainsi aussi que l'on a pu voir certaines sociétés qui, pourtant largement bénéficiaires, n'hésitaient pas à mettre en place des plans sociaux prevoyant des licenciements.
C'est ce que l'on a appelé l'actionnaire contre les salaires.
Des solutions doivent être envisagées pour lutter contre ça. Et ce n'est certainement pas le contrat Unique (et inique), proposé par Nicolas Sarkozy, prévoyant un allégement des procédures de licenciement qui peut être la solution.
On peut prévoir par exemple qu'une entreprise qui distribue des dividendes, tout en mettant en place un plan social, devra payer des indemnités égales à 5 ans de salaire aux personnes licenciées à qui elle n'aura pas proposé un emploi équivalent (en salaire et qualification). Ce qui induit un renforcement des contrôles administratifs dans la procédure de licenciement, loin du laissez faire préconisé par l'UMP (Union pour le Magot Patronal).
Tenir et Résister
Ouverture de la saison des promesses : Breton et Sarkozy commencent fort
A quoi reconnait-on qu'une campagne présidentielle est réellement commencée ? A l'augmentation des promesses de plus en plus irréalistes et contradictoires faites par les candidats ou leurs supporters.
Ainsi prenons la journée de lundi 18 décembre. Le matin dans le journal "les Echos", le trés semillant ministre de la réduction d'impot pour les plus riches, Thierry Breton, celui qui trouve que la France vit au dessus de ses moyens mais n'hésite pas, lui, à vivre au dessus de nos moyens, proposait que "2008 soit une année de non-imposition" . Et le soir on apprend au journal télévisé que le sinistre de l'intérieur ou peut être le président de l'UMP ou le candidat à l'élection présidentielle, Nicolas Sarkozy a promis que s'il était élu président de la république il s'engageait à faire disparaitre tous les SDF de nos rues en leur trouvant un logement dans les deux ans.
A la lecture du titre de l'article des Echos, les contribuables commençaient déjà à entonner un sonore "Bercy Breton". Oui mais voilà quand le ministre dit que 2008 sera une "année blanche" dèjà il s'engage sur des promesses qui devront très probablement être tenues par d'autres et ensuite la non imposition de 2008 intervient dans le cadre de la mise en place du système de paiement de l'impôt à la source dés l'année 2009. En clair, jusqu'à maintenant l'impot sur le revenu, seul concerné par l'année "blanche", était acquitté l'année suivante (en 2006 paiement des impots sur les revenus de 2005). Avec le prélévement à la source, comme son nom l'indique, l'impôt est prélevé au moment de l'obtention du revenu. Ainsi en 2008, on paiera l'impôt sur les revenus de 2007 et en 2009 si le système était mis en place, on paierait l'impôt sur les revenus de 2009. Et donc il n'y aura pas d'année sans paiement de l'impôt comme pouvait le laisser croire la déclaration de Breton mais seulement il fait "cadeau" de l'impot sur les revenus de 2008 qui aurait du être prélevé en 2009. Ce qui est la moindre des choses. Imaginez la tête (et le vote) des contribuables à qui on aurait dit qu'ils allaient payer deux impots sur le revenu la même année !!!!.
Quant à Sarkozy, il commence à froler les sommets de la promesse à tout va. Encore un effort et il sera au niveau de Chirac. Mais le problème avec lui c'est qu'on a franchement du mal à le croire quand il s'engage en deux ans à reloger tous les sans abris de France. En effet comment croire un homme qui a fermé Sangatte jetant à la rue des centaines de sans papiers et de réfugiés ou conduit des opérations d'évacuations musclées de squatts. Et puis on peut tout à fait l'entendre demain promettre aux propriétaires de logements qu'il s'engage à faciliter l'expulsion des locataires indélicats ou à leur permettre de récupérer leur appartement sans motif (il me semble que ça il l'a déjà promis). Remarquez il n'a pas préciser comment et où il comptait les reloger les sans abris. En tauaule les sans abri ou dehors les SDF sans papier!!!.
Tenir et Résister
Forums UMP : Une Mascarade Pitoyable
Sans doute pour éviter de se voir coller l'étiquette d'un parti totalitaire sans débat et aussi poussé par une partie (minime ?) de ses membres qui pensent qu'une autre candidature que celle du sinistre de l'intérieur est possible, l'UMP a donc décidé d'organiser des débats appelés "forums" probablement pour se différencier du parti socialiste et de ses confrontations entre candidats à l'investiture.
La mise en scène est tout à fait différente de celle des shows socialistes. Là où les candidats socialistes déclarés, au nombre de trois, étaient debout cote à cote face à des journalistes, le parti populiste a réuni plusieurs participants assis autour du président du parti et seul candidat déclaré Nicolas Sarkozy placé au centre du dispositif, à côté de l'animateur du forum , Jean Pierre Raffarin. La ministre de
Là où chacun des trois prétendants socialistes devaient donner ses propositions à des questions précises, les trois forums se résument à des débats chacun sur un sujet plutôt vague : « la liberté » le 9 décembre (apparemment cantonnée à la seule liberté économique), « l’égalité » à Lyon le 15 décembre (qui s’est déporté sur les institutions ????) et « la fraternité » à Bordeaux le 21 décembre (transformé peut être en « la sécurité »).Les débats sont entrecoupés d'interventions d'élus de l'UMP et de questions d'internautes et de militants.
Tout est ainsi fait pour transformer ces exercices de démocratie interne dans un parti politique en démonstration de force du seul et unique candidat déclaré de ce parti : Nicolas Karcher Lieu Marécageux (en Hongrois Sarkozy - prononcez « charkeuziy » - ).
Ainsi lors de la première confrontation à
On remarquera aussi que Sarkozy profitant de la gêne occasionnée par une grève des transports n’a pas hésité à remettre en question le droit de grève avec sa proposition de vote secret pour la poursuite d’une grève après huit jours. Peut être pour imposer la reprise du travail même à ceux qui minoritaires voudraient poursuivre la grève. C’est ce que l’on appelle de la démagogie.
Lors de la confrontation du 15 décembre à Lyon rien de nouveau n’a apparemment été dit. Il faut dire que le sujet (les institutions) n’engendre pas les passions. On notera toutefois que M’ame Alliot Marie a copieusement été conspuée par le public de 1500 personnes majoritairement Sarkozystes.
Et l’on a même eu droit à une Raffarinade : « L’UMP doit présenter un seul candidat au premier tour pour gagner le deuxième tour ». Toujours aussi drôle le Jean Pierre du Poitou.
Enfin ce qui ressort de ces deux premières manches : c’est la démonstration de force et du tir d’artillerie lourde du sinistre de l’intérieur sur sa collègue de la défense. Et aussi le fait que ces forums / débats ne sont qu’une grosse farce visant à donner à l’UMP et à son président candidat une image de démocrate.
Tenir et Résister