Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
LE(s) CRI(s) DU PEUPLE

Sarko le gaucho

24 Octobre 2008 , Rédigé par jacques vingtras

Nombre de commentateurs voient dans les derniéres mesures proposées par le prince omniprésident du pouvoir d'achat du président pour lutter contre la crise financière un renoncement au libéralisme et une conversion à une politique interventionniste plus l'apanage de la gauche que de la droite.

On peut quand même mettre en doute l'étiquette gauchisante des mesures prises par Sarkozy et ses sbires.
En effet ce qui est proposé c'est principalement de financer, soutenir ou sauver par l'impôt des entreprises privées.
Rappelons nous que dans un systéme économique disons de gauche ce sont les entreprises et les menages qui par l'impôt financent les services de l'Etat. Or qu'a fait le "criptogauchiste" de l'Elysée depuis son arrivée au pouvoir ? Il a diminué les recettes fiscales, taillé des croupières dans les effectifs de la fonction publique, tenté de réduire à la portion congrue le service public qui, rappelons le, doit bénéficier à chacun et tous d'une manière égale. 
Maintenant voila qu'il propose d'utiliser le peu de fonds qui reste pour aider des entreprises en difficulté dont les principaux fautifs de  la crise, à savoir les banques. 
En clair il propose que l'impôt qui est payé par tous (par la TVA par exemple) serve à sauver le capitalisme et le libéralisme dont les grands mots d'ordre sont :  laisser faire le marché, pas d'intervention étatique et diminuer les impôts.  
Donc il n'y a rien de gauche là dedans mais bel et bien une tentative de sauvetage de droite.

Tenir et Résister
Lire la suite

Au nom du Pése, du Fric et du Saint Grisbi (1)

23 Octobre 2008 , Rédigé par jacques vingtras

Depuis le début de la crise chaque jour nous apporte son lot de banques ou compagnies d'assurances en faillite,  qui sont nationalisées ou rachetées ou dans lesquelles les Etats  réinjectent de l'argent. Et à chaque fois les journaux évoquent des pertes se chiffrant en milliards d'Euros ou Dollars.  Le FMI estime même que le total des pertes devrait approcher 1400 milliards de dollars. A l'annonce de ces sommes on peut se demander :"mais où est passé tout cet argent?". La monnaie ça disparait pas comme ça. Il y en a qui ont du s'en mettre plein les fouilles. Et pas que des dirigeants ayant sauté avec des parachutes dorés, comme voudraient nous faire croire certains (marié à un ex-top model par exemple).
Pour tenter de nous expliquer les causes et les conséquences de la crise, on voit défiler sur les écrans de télé les "Raymonds la Science" qui nous expliquent que c'est  compliqué, qu'il s'agit de haute finance que même les banquiers ont du mal à comprendre mais aucun ne répond à la seule question que l'on devrait se poser, à savoir "Où est passé le pognon ?".....

Essayons  de comprendre d'où il venait tout ce bon grisbi qui a disparu.

Au début était l'immobilier américain.

Dans les années 2000, les banques commerciales Etats Uniennes voulant profiter du boom de l'immobilier se mirent à accorder des prêts à des personnes ne présentant pas toutes les garanties courantes. Les prêts accordés étaient des prêts hypothécaires garantis par un bien immobilier qui, compte tenu du marché que l'on pensait en hausse perpétuelle  vaudrait toujours plus que le prêt accordé. Ces prêts un peu hasardeux portent le joli nom de subprime.

En 2002 John Smith veux acheter une maison de  100,000 dollars au promoteur   Asshole Building Corporate. Seulement voilà, travailleur précaire, il ne présente pas toutes les garanties et n'a aucun apport personnel. Qu'à cela ne tienne.
Il va dans une agence de la First Greedy Bank qui  va  lui proposer un prêt couvrant la totalité de son financement .
Cet emprunt sera remboursable sur 28 ans à un taux promotionnel initial de 2.5% les deux premières années (soit une mensualité 415 dollars). Ensuite le  taux sera  variable et indexé sur le taux directeur de la Fed (1.25% en 2002) ce qui donnera un taux   de 3.12%  pour une mensualité de 447 dollars.
Il faut savoir que les prêts accordés par les banques commerciales générent une création de monnaie. Il suffit pour ces établissements de disposer auprès de la banque centrale de réserves monétaires  correspondant à un pourcentage du montant de l'ensemble des prêts accordés.
En accordant ce prêt à John Smith , la banque va donc créer de la monnaie à concurrence de 100,000 dollars.
Cette somme finira sur le compte de Asshole Builging Corporate. .
Comme garantie la banque aura l'hypothéque sur une maison de 100.000 dollars mais dont, compte tenu du marché immobilier de l'époque, la valeur ne manquerait pas d'augmenter. Enfin c'est ce qu'espérait la banque.

On peut se demander si Sarkozy,  qui n'était pas encore le pourfendeur de la finance crapuleuse qu'il veut apparaitre aujourd'hui, pensait à ce type de prêt quand il clamait du haut des tribunes électorales son voeu de voir s'installer une France de propriétaires.

Fin du premier acte.

Les banques toujours avides de liquidités, ne serait ce que pour pouvoir générer encore plus de crédit, ont recours à une technique financiére initialisée dans les années 70 : la titrisation. Cela consiste à transférer à des investisseurs des créances (des prêts par exemple) en les transformant en titres financiers négociables émis sur le marché des capitaux par des sociétés écran. Pour cela les banquiers regroupent dans un portefeuille plusieurs créances similaires (prêts immobliers) puis divisent ce portefeuille en titres appelés ABS, CDO, RMBS....qu'ils proposent ensuite aux investisseurs toujours via la structure écran créée. Les ABS et consorts peuvent à leur tour être incorporés dans des portefeuilles de titrisation et ainsi de suite... Enfin pour se protéger les fonds qui gérent ces titres peuvent souscrire une assurance couvrant les risques d'impayés....


Ainsi dans l'exemple de John Smith, la First Greedy Bank a constitué un portefeuille de 10 subprimes de 100.000 dollars chacun. Elle a ensuite divisé ce portefeuille de 1.000.000 dollars en 500 RMBS de 2000 dollars de valeur nominale.
La banque Pic, Soux et Blé de Paris fleurant la bonne affaire a acquis en 2003 ,150 de ces titres au prix du marché de 2200 dollars chacun. Cette banque peut donc inscrire dans ces actifs 330.000 dollars de titres de la First Greedy Bank qui a elle encaissé via sa structure écran 1.100.000 dollars en liquidité (500 titres à 2200 dollars) qu''elle a quasi immédiatement transformé en nouveaux prêts. Pour se garantir contre les impayés la First Greedy bank a souscrit une assurance auprès de Amarican International Group AIG.

Ainsi si on fait un petit bilan comptable de chacun des intervenants on a :

Société immobiliére Asshole Building Corporate :
100.000 dollars de liquidité fruits de la vente de la maison

John Smith :
 415 dollars à rembourser tous les mois pendant deux ans puis 447 dollars (si le taux directeur de la Fed n'évolue pas)

First Greedy Bank :
150.000 dollars (prêt + intérêts) de créances sur John Smith.
1.100.000 dollars de liquidité aussitot réinjectés pour créer de nouveaux crédits

Pic Soux et Blé
330.000 dollars d'actifs.

Ce qui transparait de tout ce montage c'est d'abord une cupidité presque immorale de la banque.
Ainsi elle n'hésite par à  prêter de l'argent à une personne dont elle connait la faible solvabilité tout en misant sur la valeur que pourrait prendre le bien immobilier mis en hypothéque pour garantir le prêt. Elle pense pouvoir bénéficier d'une quasi sécurité et fait supporter à l'emprunteur la majorité des risques. 
Ensuite on notera la dérive des produits financiers par rapport à l'économie réelle. L'argent devient presque virtuel. Ce n'est plus que des sommes que l'on inscrit dans des bilans. Les investisseurs qui acquièrent des RMBS (Résidential Mortgage Backed Security) n'ont aucun lien direct avec les personnes qui ont emprunté. Il y a au moins trois niveaux intermédiaires : la banque qui prête, la structure qui gére le portefeuille de titrisation, les structures qui gérent les RMBS. Sans compter les niveaux supplémentaires en cas d'incorporation de ces RMBS dans un autre portefeuille ABS et autres... Et chaque fois que l'on franchit un échelon on a un sentiment de sécurité financiére accru. Ce qui est normal puisque l'image du risque s'estompe avec la distance. Ainsi l'on croit atténuer le risque mais en réalité on diffuse un virus inactif dans un premier temps qui risque de se réveler foudrouillant pour les investisseurs, les banques et compagnies d'assurance pour au final atteindre l'économie réelle.

Fin du deuxième acte.

A suivre.....

Tenir et Résister

Lire la suite

Au nom du Pése, du Fric et du Saint Grisbi (2)

23 Octobre 2008 , Rédigé par jacques vingtras

La crise

Entre 2004 et 2006 la Fed a augmenté son taux directeur de 4% le faisant passer de 1.25% à 5.25%. Ce qui a eu pour conséquence d'augmenter de façon dramatique les mensualités des personnes qui "bénéficiaient" de subprimes. Ces personnes qui rappelons nous étaient souvent classées à risque n'ont très vite plus pu faire face à leurs échéances. Et les banques ont fait jouer l'hypothèque : c'est à dire qu'elles ont saisi les biens dans l'espoir de les vendre avec une surcote. Mais le problème c'est que le nombre de défaillances est devenu important et les saisies avec. Et là la loi du marché a pleinement  fonctionné. Une augmentation de l'offre de biens immobiliers conjuguée à un tassement de la demande, en particulier pour cause de crédit devenu plus cher, ont entraîné de fait un écroulement des prix de l'immobilier. Et donc les maisons qui devait garantir les remboursements de crédit valaient nettement moins que le montant du prêt initial. Les banques se sont ainsi retrouvées à la tête d'un important stock  immobilier quasiment sans valeur. Et par voie de conséquence tous les investisseurs en titres issus de la titrisation ont vu leurs actifs fondre comme neige au soleil. Les compagnies d'assurance devant l'ampleur de la crise n'ont pu couvrir les risques....


Le 23 juillet 2006, John Smith était expulsé de la magnifique maison qu'il avait achetée à crédit quatre ans plus tôt.
Son maigre salaire de 1000 dollars nets par mois ne lui permettait plus d'assumer les 988 dollars de la nouvelle mensualité pour son crédit immobilier, les 110 dollars de son crédit automobile et les 95 dollars de son assurance maladie.
La First Greedy Bank a donc récupéré un bien immobilier dont la valeur est passée de 100.000 dollars (prix du marché en 2002) à 50.000 dollars (prix du marché actuel) mais que de toute façon elle n'arrivera pas à vendre comme les 1520 autres biens immobiliers inscrits à son patrimoine.
Pic Soux et Blé qui avait massivement investi dans les ABS, RMBS et autre CDO se retrouve avec des actifs évalués à peine à 10% de leur valeur d'acquisition
On sait ce qu'il est advenu de l'assureur AIG qui a été "nationalisé" par Bush Jr  grand défenseur du libéralisme.
Le seul qui aurait pu à peu près bien s'en sortir c'est Asshole Building Corporate mais hélas le promoteur avait lui aussi investi toutes ses liquidités dans des ABS qui ne valent aujourd'hui plus rien.

Bilan comptable
John Smith : Des dettes, plus de logement, plus de voiture et bientôt plus de boulot
First Greedy Bank : Actifs 1521 biens immobiliers sans valeur et invendables puisque par d'acheteurs.
                                   Liquidités 0 dollar
Pic Soux et Blé : Actifs financiers 0 dollar
Asshole Building Corporate : rien..

Ce que l'on peut dire c'est que l'argent a fondu avec la crise. Mais on peut se demander aussi s'il a réellement existé un jour. Au final le seul élément réel que l'on peut valoriser c'est la maison qui existe toujours. Le reste n'est que vent. La monnaie créée par le biais du prêt n'est en définitive que de la monnaie future et aléatoire qui ne rentre dans le circuit économique réel qu'au moment du remboursement de l'emprunt, si remboursement il y a.
Il faut aussi se poser la question de la confusion entre valeur et monnaie. Quand les banques, assureurs et investisseurs inscrivent à leur actif des produits mobiliers et financiers ils indiquent une valeur estimée ou évaluée selon le marché. Or la valeur a une part grandement sujestive qui parfois n'a rien à voir avec la rigueur monétaire. Celui qui veut absolument un objet est prêt à mettre beaucoup d'argent mais est ce à dire que cet objet aura la même valeur pour son voisin. Et on peut aussi noter le role de la spéculation dans le gonflement de la valeur. Ainsi un spéculateur prend en compte la valeur qu'il pense que les investisseurs vont donner à tel ou tel produit pour réaliser une plus value en achetant des produits qu'il revend trés rapidement. Et encore le systéme est tel que le spéculateur n'est même pas obligé de débourser quoi que ce soit pour récupérer sa plus value.
Cette crise démontre aussi que le secteur bancaire et financier ne peut être laissé sans cadre. On ne peut admettre que ce secteur primordial pour l'économie (hélas) soit aux mains de personnes peu scrupuleuses  qui au nom de la sacro sainte loi du marché font n'importe quoi pourvu que ça rapporte.

Maintenant on peut aussi se demander s'il est bien juste que ce soit les victimes principales de la crise ( les entreprises et surtout les ménages; enfin les 95% qui gagnent en dessous de 5940 euros par mois) qui payent pour des banquiers qui voulant faire des profits n'ont pas hésité l'ombre d'un centième de seconde à investir des sommes colossales (dont une partie provenant des dépots des particuliers) dans des produits financiers hasardeux. Et les victimes, comme sonne le facteur, payent toujours deux fois : par l'impôt qui servira en partie à renflouer les banques et par la difficulté accrue à obtenir des prêts.  Car ils sont comme ça les banquiers non seulement ils veulent bien que l'Etat (c'est à dire les contribuables) les renfloue mais en plus ils sont plus prompts à prendre des risques pour des sommes importantes que pour des petites sommes.

Tenir et Résister

Lire la suite
1 2 > >>