L'éducatrice sociale, le prof, le gardien du temple et le vieux loup presque solitaire
Hier soir second round du combat à trois pour le titre de champion du Parti Socialiste.
Après un premier round d'observation tout en mouvement, la semaine dernière; le round d'hier a été beaucoup plus percutant avec quelques jolis coups portés sans toutefois qu'aucun des trois challengers n'aie été mis K.O.
A mon centre, Ségolène Royal, championne des sondages , discours clair mais haché, à certains moments limite éducatrice pour handicapés mentaux, a plutot bien défendu ses propositions. Propositions autour desquelles le débat a tourné, il faut le reconnaitre, peut être à cause (ou grace) de l'orientation des questions des deux présentateurs (journalistes ?). Ainsi ont été évoqués : les trés démagogiques jurys populaires pour juger l'action des politiques même au conseil des ministres (au passage on peut s'interroger sur l'utilité de tels jurys tant le flou est grand sur leur moyen de "sanction" en cas de non respect de la parole donnée par les politiques!!!), le réaménagement de la carte scolaire ou encore l'encadrement des jeunes délinquants par des militaires (humanitarisés au passage).
A ma droite, Dominique Strauss Kahn, champion des chiffres (en attendant les lettres), ton de conférencier relativement clair mais toujours assez vague, a du mal à quitter son habit de professeur et sa posture présidentielle. Pour lui tout passe par l'éducation (répétée même à un moment trois fois de suite) et il n'hésite pas à faire la leçon à ses concurrents. Il connait bien la banlieue pour en être un élu (même s'il ne l'habite pas). Quand on lui demande des chiffres il reste précis sur les mesures mais vague sur les montants (suppression de la réforme fiscale de Villepin).
A ma gauche, Laurent Fabius, champion du projet, discours rapide et clair, avec une petite colére (vraie ou de circonstance ?) lorsqu'on évoque l'immigration, s'est montré comme le défenseur des valeurs socialistes, se référant sans cesse au projet socialiste (qui n'est pas le petit livre rouge selon Ségo), véritable gardien du temple de la gauche. Il a été aussi le plus combattif avec, entre autres, un superbe uppercut porté à la championne des sondages à propos des chantiers humanitaro-militaires qu'il faudrait installer pour.....48000 primos délinquants mineurs.
Ce deuxième round a été plus nettement animé que le précédent avec aussi il faut le noter quelques fautes de non respect du réglement : adresses quasi directes de Fabius à ses deux adversaires, réponse de Royal en dehors de son temps de parole...
Il a été aussi un peu gaché par les deux arbitres présentateurs qui à certains moments (et plus particulièrement avec Fabius ou DSK) ne laissaient pas les candidats aller jusqu'au bout de leur phrase.
Hélas on ne peut que constater une nouvelle fois le manque d'ambition des différents projets. On reste sur des projets impressionnistes (par petites touches) composés de bric et de broc et de pas mal d'usines à gaz, un peu ternes, sans éclat et sans génie. On aimerait un peu plus de fulgurence dans le trait, un peu plus de couleur (rose ou rouge de préférence), des grandes idées choc de modification de la société et non des aménagements comptables ou administratifs.
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Pendant ce temps là sur France 2 était diffusé la deuxième partie du film sur Chirac. Le portrait qui est fait est celui d'un loup ambitieux sans véritable conviction politique que seul interesse le pouvoir pour le pouvoir. En voyant le portrait dressé on ne peut s'empécher de penser à un autre ambitieux : Nicolas Sarkozy.
Si Sarkozy et Chirac sont devenus les meilleurs ennemis de la politique française c'est essentiellement parce qu'ils se ressemblent : ambitieux pour eux mêmes, sans scrupules, n'hésitant pas à trahir voire à tuer (politiquement)pour atteindre le seul but du pouvoir pour le pouvoir.
Ils sont de cette espèce pour qui le pouvoir ne se partage pas. Une différence toutefois, si on peut avoir de la "sympathie" pour l'actuel occupant de l'Elysée on a franchement plus de mal à éprouver ce genre de sentiment pour l'actuel occupant de la place Bauveau.
Tenir et Résister
L'assistante sociale, le prof et le gaucho
On peut dire que le premier faux débat à "l'américaine" des candidats à la candidature du parti socialiste diffusé hier soir sur la chaine parlementaire est plutot de bonne facture. Sérieux, peut être un peu trop, sans coup bas, il nous a permis de voir le registre de chacun des candidats :
-Ségoléne Royal, dans un discours souvent incompréhensible, trop technique pour le commun des électeurs, a joué la provinciale assistante sociale qui se préoccupe des (petites) gens et de la famille, qui a visité la Suéde et vu là-bas tout un tas de bonnes choses qui pourrait être appliquées dans notre pays (mais attention la référence à un pays qui vient de sortir la gauche ayant appliquer toutes ces bonnes mesures peut être dangereux) et qui elle, est déjà présidente (de région) et pas seulement ancien ministre comme ses deux compétiteurs.
-Dominique Strauss Khan, dans un discours parfois hors sujet et trops général par rapport aux questions, lui nous l'a joué trés professeur qui se place d'emblée au dessus des autres dans une posture présidentielle, à la recherche de la croissance perdue, qui veut faire un grand "Grenelle" (le pacte de l'Elysée) du dialogue social devant déboucher sur les augmentations des salaires et des minima sociaux et qui veut faire une politique du 21ème siécle en changeant les instruments du 20ème (la rupture ?).
-Laurent Fabius, dans le discours le plus clair et le plus simple parfois peut être simpliste, a joué pleinement le rôle du gaucho de service qu'il s'est attribué qui est le seul à avoir rendu hommage à Jospin (peut être pour récupérer les voix des Jospinistes) et qui a proposé des mesures trés concrètes et précises très proches des mesures préconisées par le projet socialiste.
Ce que l'on peut reprocher à l'ensemble des trois candidats c'est de nous proposer un projet de gagne petit, de boutiquier de la politique. On aurait aimé un peu plus d'audace dans les idées, des propositions fortes et pas de ces espéces d'usines à gaz. Un bon projet politique c'est aussi un projet qui fait réver. Hier soir nous avons vu trois professionnels, trois laborieux de la politique.
L'après débat n'a pas manqué d'intérêt. Pendant le générique de fin on a ainsi vu Srauss Khan et Fabius sortir du plateau ensemble alors que Royal était presque assaillie par les deux présentateurs (journalistes ?).
Et ensuite dans un débat sur le débat sur la même chaine parlementaire on a pu entendre un aréopage de Raymonds la Science (Carreyrou, De Closets...) nous dire que Ségoléne Royal avait marqué un point sur ses adversaires!!!!!. C'est vrai qu'elle a été à la hauteur et que l'effondrement que certains espéraient n'a pas eu lieu mais la madonne des sondages n'a pas été meilleure que ses adversaires. Elle s'est bien maintenue à leur hauteur. Les commentaires élogieux qu'ont pu faire ces prétendues références du journalisme nous montrent bien le charme et la fascination que peut exercer la présidente du Charente Poitou sur une bonne partie de la presse.
Tenir et Résister
Les bonnes recettes de Nicolas, Dominique, Jean-louis, Thierry et Jacques...
Edouard Herriot disait « La politique c’est comme l’andouillette ça doit sentir la merde mais pas trop ».
En politique comme en cuisine il y a des recettes plus ou moins bonnes, plus ou moins élaborées et plus ou moins digestes. Et l’on peut dire que Nicolas Sarkozy, Dominique de Villepin, Jean-Louis Boorlo, Jacques Chirac et même Thierry Breton sont des maîtres dans l’art d’accommoder les chiffres, les mots, l'image ou les promesses.
L’étude des différents « plats » offerts nous montre un savoir faire unique dans l’utilisation de recettes anciennes mais aussi une certaine créativité qui est l’apanage des plus grands chefs.
Voici quelques unes des recettes appliquées par ces maîtres queue.
Recettes de chiffres.
"Il y a trois mensonges : les mensonges, les gros mensonges et les statistiques."
W. Churchill
Les statistiques qui constituent souvent l'ingrédient principal de ces recettes, peuvent aussi être utilisées comme accompagnement.
Le gros des recettes consistent en une préparation des chiffres de manière à les rendre plus gouteux ou à leur donner un aspect plus appétissant.
Le velouté de statistiques.
Ingrédients :
Des statistiques fines
Le nombre d’actes de violence augmente de 4,97% (en 2005) par exemple
Des statistiques plus grossières
Quelques données antérieures
Des statistiques anciennes
Préparation :
Délayez les statistiques fines avec les statistiques plus grossières
la délinquance totale (actes sur les biens + actes sur les personnes + actes d'escroqueries ou délinquance financière);
et/ ou avec les données antérieures
de 2002 à 2005 Pour donner plus de gout accompagnez vos statistiques ainsi accommodées par des statistiques un peu blettes prises sur une période précédente (quand vos adversaires politiques étaient aux affaires) même si leur composition est différente. C'est ainsi que maître Nicolas a pu faire passer une hausse des actes de violence en 2005 de 4.97% pour une baisse de la délinquance générale de 8% sur une période de 2002 à 2005 en reconnaissant du bout des lèvres que les actes de violence était en augmentation mais dans une proportion moindre qu'entre 1998 et 2002, période où la comptabilisation était faite sur une base différente. L'émincé de statistiques. Ingrédients : Des indices économiques un peu gras Le taux de chomage par exemple Préparation : Parer la statistique en taillant dans les parties les moins présentables ou les plus nerveuses pour cela n'hésitez pas à modifier les règles qui régissent la population considérée. radiation de certains chomeurs Emincez ensuite votre préparation pour ne garder qu'une partie de la statistique les chomeurs de catégorie 1 ou 6 Atténuez le gout un peu trop marqué de votre plat en le saupoudrant de grandes déclarations qui appuient votre réussite et estompent les effets naturels de la statistique le départ en retraite des baby boomers Dominique de Villepin et Jean Louis Borloo, respectivement chefs à l'hotel Matignon et au 127 rue de Grenelle nous proposent chacun cette recette. Avec une certaine compétition. Et l'on peut noter une dernière variante faite par Borloo qui consiste à communiquer sur le nombre des demandeurs d'emploi en baisse plutot que sur la hausse du taux de chomage comme il le faisait jusqu'alors. Bravo donc à ce maitre qui vient de créer une variante fort réussie que nous pourront appeler le sauté de chiffres.
à suivre.....
Tenir et Résister