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LE(s) CRI(s) DU PEUPLE
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Les forfaits de Monsieur Woerth

8 Septembre 2009 , Rédigé par le cri du peuple

Pour justifier la probable augmentation du forfait hospitalier, en attendant une possible hausse du forfait des franchises, le ministre des comptes publics Elliot Eric Woerth parle "de mesure pour enrayer les dépenses".

Rappelons lui quand même que le déficit des comptes de la sécurité sociale prévu à  plus de 20 milliards d'Euros en 2009 est  plus surement du à une baisse mécanique des recettes qu'à un accroissement des dépenses. La hausse sans précédent du chômage implique de fait une contraction de la masse salariale qui est la principale base des prélévements sociaux. Or rien qu'au premier trimestre de cette année la masse salariale a chuté de 2.2% .  Et comme  la baisse d'un point de pourcentage de la masse salariale équivaut à deux milliards d'euros de recettes perdues par la Sécu on arrive à  une perte de 4.4 milliards. On peut aussi prendre en compte le manque à gagner engendré par l'éxonération de charges patronales sur les indemnités de chomage partiel. Ainsi au deuxieme trimestre de cette année 319000 personnes étaient en chomage technique ou partiel. Si ce nombre se maintient jusqu'à la fin de l'année (et le rélévement du plafond autorisé à 1000 heures par an au lieu de 800 devrait y contribuer),  cela représentera  une perte supplémentaire  de 1 milliard d'Euros pour 2009.
N'oublions pas non plus le manque à gagner endémique et donc la hausse du  déficit que constituent les nombreux allégements ou éxonérations accordés aux entreprises  par Sarkozy et ses sbires pour des motifs qui ne sont pas toujours le maintien de l'emploi. Ces "cadeaux" faits aux entreprises sont  trés partiellement et souvent avec retard compensés par l'Etat.

Mais il est évident que Woerth, Darcos, Fillon et bien sur Sarkozy ne s'attaqueront jamais à la baisse des recettes tous soumis qu'ils sont au crédo libéral "qu'il ne faut pas augmenter les prélévements". Le gouvernement  a ainsi renoncé à appliquer ce que préconisait la cour des comptes et son président Philippe Séguin :supprimer l'éxonération de cotisation sociales dont bénéficient les stock options. Cette mesure selon le rapport de la cour des comptes aurait permis de récupérer 3 milliards d'Euros.

On peut dire que ce crédo de non augmentation des impots, taxes et charges sociales est quand même mis à mal. Et les solutions envisagées pour diminuer les dépenses telles que l'augmentation du forfait hospitalier, la hausse du plafond annuel des franchises jusqu'à 100€ ou le déremboursement de certains médicaments certes n'augmenteront pas la pression des prélévements des bien portants  mais plus surement auront un impact direct sur le pouvoir d'achat des malades. Et ce de manière beaucoup plus significative que veulent le laisser croire  l'UMP ses parlementaires, ses ministres et son président. Quand Darcos dit que 20€ ce n'est pas un grosse somme on peut lui rétorquer que ça depend pour qui. Ainsi la moitié des salariés en France gagnent moins de 1500€ par mois. Une journée d'hopital leur coutera au moins 1.33% de leur salaire. Les 17% de Smicards devront quant à eux y consacrer 3% de leur salaire. Il est vrai que pour Monsieur Darcos le forfait hospitalier, s'il y est soumis, ne devrait couter que 0.25% de ses émoluments.
En s'attaquant aux malades directement le gouvernement se livre à l'un de ses exercices favoris : la stigmatisation d'une partie de la population. Le trou de la sécurité sociale augmente, c'est la faute à ces fainéants de malades qui se prélassent dans leur lit d'hopital pendant que d'autres triment. Il faut donc les pénaliser (en langage UMP on dit responsabiliser) en leur faisant payer ce qui tout compte fait se révéle être un véritable impôt sur l'hospitalisation.

Pourtant d'autres pistes sont à explorer. On pourrait par exemple s'interesser  aux laboratoires pharmaceutiques qui sont quand même les principaux bénéficaires de la hausse de consommation de médicaments. Ou encore aux cliniques privées qui en refusant d'exécuter certains actes qui ne sont pas assez rentables conduisent à la surcharge des hopitaux publics en actes "non rentables" et donc des dépenses supplémentaires pour le secteur public. Et pourquoi pas aller voir du coté des compagnies d'assurances qui se font de plus en plus pressentes. pour entrer dans les structures de gestion de l'Assurance Maladie (Ce qu'elles vont probablement obtenir incessement sous peu)
Pourquoi ne pas mettre en place une contribution de 11% sur les bénéfices des laboratoires pharmaceutiques, des cliniques privées et des compagnies d'assurance.
Ce serait faire preuve de plus de justice, étant donné que ce sont là trois des principaux bénéficiaires du déficit de la Sécu.

Tenir et Résister

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Le casino de Keynes

6 Septembre 2009 , Rédigé par le cri du peuple

 "Lorsque dans un pays, le développement du capital (l'investissement) devient le sous-produit de l’activité d’un casino, celui-ci risque de s’accomplir dans des conditions défectueuses " disait Keynes en 1936  dans son livre " Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie ". Il voulait dénoncer la dérive du capitalisme de l'époque qui privilégiait un rendement à court terme basé sur la spéculation plutôt que sur la réalité économique des entreprises.

On peut sans aucun risque dire que la crise que nous connaissons aujourd'hui est en grande partie due à ce casino boursier et financier que dénonçait Keynes.

Les banques d'investissement dont c'est le métier, dans un premier temps, mais ensuite les banques de dépots qui à l'origine ne devaient recevoir que des dépots et accorder des crédits, ont mis en place, au cours des trente dernières années, des départements  ou salles des marchés.
C'est dans ces salles de marchés qu'opérent et agissent les fameux  traders.
Le but de ces salles est d'investir pour le compte de clients dans des titres, de la monnaie ou des matières premiéres pour obtenir le meilleur rendement possible. C'est à dire pour que chaque Euro ou Dollar investi rapporte le plus possible dans un délai le plus court possible.

La recherche de ce rendement maximum a mené les traders vers la spéculation.
La spéculation peut être assimilée à un jeu de casino comme le Black Jack ou le poker
Le trader va investir dans un titre, une monnaie ou une matière première parce qu'il parie sur une hausse de cette valeur par exemple. Il le fait non seulement  au vu d'informations  qu'il détient mais aussi en fonction de ce qu'il estime que d'autres acteurs économiques ont comme information, voire en anticipant l'évaluation que feront de la valeur ces acteurs.
Tout comme le joueur de Black Jack ou Poker qui mise sur son jeu au vu de ce qu'il connait (ses propres cartes) mais aussi au vu de ce qu'il estime que la banque ou les autres joueurs ont comme cartes ou pensent qu'il a comme cartes.

Si on va jusqu'au bout de la pensée de Keynes, on peut se demander pourquoi ne pas appliquer aux  banques (du moins pour leurs opérations de salles de marchés) la même fiscalité que les casinos.

A savoir : 0.5% sur chaque Euro ou Dollar investi  
Puis un prélévement progressif par tranche allant de 10% sur les 87 000 premiers euros jusqu'à 80% au dela de 14 149 500 euros de plus values réalisées dans l'année.
Et que les banques ne viennent pas nous dire que c'est trop compliqué. C'est souvent la base de calcul des bonus accordés aux traders.

On notera au passage que la fiscalité des casinos a été allégée le 1er septembre 2009 par le gouvernement Sarkozy entrainant une perte de recettes supplémentaire de 40 millions pour le fisc, les collectivités locales et les comptes sociaux


Tenir et Résister
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La liste de Woerth

31 Août 2009 , Rédigé par le cri du peuple

Eric Woerth ministre du budget et des comptes publics (qu'il s'emploie à mettre de plus en plus à mal) révélait dans le "Journal du Dimanche" de Samedi (Eh oui c'est comme France Soir qui sort le matin) qu'il détenait la liste de 3000 contribuables détenant dans des banques suisses des comptes non déclarés au fisc .
Alors là on pouvait se dire que tel Eliot Ness l'incorruptible, il allait  traquer les fraudeurs et être impitoyable avec ces personnes qui spolient l'Etat  et les autres contribuables. A titre indicatif le fraudeur est puni fiscalement de  supplément d'impôt avec  intérêts de retard et pénalités), et peut être puni pénalement d'une amende maximale de 75 000 €,  ou d'une peine de prison pouvant aller jusqu'à 5 ans fermes (rare dans la pratique)et souvent de peines complémentaires telles l'obligation de publier, aux frais du condamné, le jugement dans 2 ou 3 journaux nationaux  ou encore la perte des droits civiques pendant 5 à 10 ans.
Enfin on se disait qu'il allait y avoir du sang. Et déjà les fraudeurs se préparaient ils à l'exil pour ne pas connaitre la vindicte publique. 

Hier Elliot Woerth nous révélait son plan de traque des délinquants. En effet c'est comme ça qu'il faut les désigner car  "le fait de se soustraire frauduleusement à l’établissement ou au paiement de l’impôt par dissimulation volontaire de sommes sujettes à l’impôt" selon l’article 1741 du code général des impôts est constitutif d'un délit. Le ministre du budget droit comme la justice, impitoyable n'a pas hésité l'ombre d'un centième de seconde pour réclamer que les fraudeurs.................rapatrient les 3 milliards d'Euros détenus dans les helvétes établissement bancaires avant la fin décembre 2009 pour régulariser leur situation.

Pas de doute que celui ou celle qui aura été pénalisé de  10% pour avoir  déposé sa déclaration avec quelques jours de retard appréciera surement la clémence de Monsieur Woerth qui se montre encore une fois plus pitoyable qu'impitoyable.

Mais bon ce n'est qu'une demi surprise venant de la part de quelqu'un qui au mois de mai dernier pour évoquer les 30 milliards de pertes fiscales et sociales n'a trouvé comme exemple que les fraudeurs au RMI ou aux minima sociaux.
Ainsi pour Sarkozy et sa bande de guignols, quelqu'un qui traffique ses feuilles d'impôts ou ses déclarations pour percevoir le RMI, ou fait des feuilles de payes fictives pour toucher des indemnités chômage est un dangereux fraudeur qu'il faut réprimer sur le champ. Par contre celui ou celle qui va planquer ses millions en Suisse pour ne pas payer d'impôt n'est qu'une personne qui, soumise à une pression fiscale injuste qui lui pompe le fruit de son travail (parfois) mais plutot celui de ses investissements spéculatifs, essaye de protéger son patrimoine et surtout n'a pas pris toute le mesure du bénéfice qu'il peut tirer du bouclier fiscal que mossieu Sarkozy lui a peaufiné. 

Les deux sont évidement des fraudeurs
. Et il n'est pas question ici de défendre celui qui perçoit indument des prestations sociales obtenues par des magouilles. Mais on peut s'étonner de la prévenance dont fait preuve le gouvernement à l'égard de gens qui ont déjà été largement gatés. Et justement à cause des ces cadeaux fiscaux on pouvait attendre du ministre du budget une sévérité accrue et une promptitude à amener devant les tribunaux des délinquants qui en période de budget plus que juste au niveau des recettes, creusent par leur méfait encore plus un déficit devenu chronique et abyssal.

Tenir et Résister
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