Bonne nuit les petits po po po pom
Plusieurs fois Nicolas a tenté d'endormir les petits mais aussi les plus grands. Hélas pour lui et heureusement pour nous n'est pas le marchand de sable qui veut. Et il avait beau jouer du pipeau rien n'y a fait. S'il avait essayé de semer de poignées de sable doré peut être aurait il eu plus de succés (ne serait ce que par le fait que la couleur du sable rappelait la couleur de l'or).
Alors que Nounours dans l'original descendait pour visiter les enfants, Nicolas lui n'a pas quitté un seul instant son nuage.
Et sur tous les sujets abordés, ses réponses n'ont été que vagues, sans chiffres ou voire fausses.
Ainsi prenons quelques uns des sujets abordés par le président de l'UMP et accessoirement président de la république.
Sur les Retraites, le marchand de sable par intérim a annoncé qu'il prendrait des décisions avant la fin de l'année qui concerneraient aussi bien les salariés du privé comme ceux du public. Mais à aucun moment il n'a indiqué clairement quelles seraient ces décisions sinon qu'il n'écartait aucune piste de l'augmentation de la durée de cotisation au passage à 62 ans pour l'âge de départ à la retraite. Ce manque de précision peut laisser prévoir des mesures que l'UMP qualifierait de "courageuses" mais que le peuple qualifierait plus prosaiquement de "douloureuses".
Mais c'est sur le chômage que Nicolas a fait le plus fort. En effet alors que la plupart des économistes un peu sérieux évoquent probablement plus de 300.000 chômeurs de plus avant la fin de l'année et surtout mettent le doigt sur le problème plus qu'épineux des quelque 600.000 chômeurs arrivant en fin de droit, le résident à titre gracieux de l'Elysée n'hésite pas à promettre ou prévoir une baisse du chômage dans les mois à venir. Remarquez 600.000 personnes en fin de droit moins 300.000 chômeurs supplémentaires ça fait un solde 300.000 demandeurs d'emploi qui ne seront plus pris en compte dans les chiffres du chômage. Ce qui baissera probablement c'est bien le nombre d'inscrits au pole emploi mais certainement pas le chômage.
Autre pipotage : la titularisation des contractuels de la fonction publique. A un professeur d'économie contractuel dans un lycée, Sarkzoy a déclaré qu'il était "tout à fait prêt à envisager la titularisation progressive des contractuels". En France, 16% des employés de la fonction publique sont des contractuels (840.000). Depuis son accession au pouvoir la buse de l'Elysée a supprimé près de 50.000 emplois publics (titulaires) et ce même dans la fonction publique hospitalière. Son crédo en la matière est bien connu : on ne remplace qu'un fonctionnaire sur deux qui partent à la retraite. Donc on peut dire qu'il a plutôt pratiqué la détitularisation que la titularisation. Mais bon même la phrase qu'il a prononcé qui tient plus de la (fausse) déclaration d'intention que d'une réelle décision laisse planer peu de doute. Il est tout à fait prêt à envisager ce qui dans l'absolu veut dire qu'il ne l'a pas encore envisagé complétement, la titularisation progressive (sans indiquer quelle serait la courbe de progression qu'il serait prét à envisager). En d'autres termes c'est ce qu'on appelle noyer le poisson ou plus crument se foutre de la gueule de son interlocuteur.
Tenir et Résister
Flagornerie en direct.....
L'objet du délit était un reportage sur Sarkozy le jeune dit le prince Jean. A l'heure où des jeunes se canardent entre eux dans les banlieues, où à Copenhague les dirigeants de quasiment tous les pays de la planéte essayent de nous faire croire qu'ils s'occupent de la planéte Terre, où Nadine Moreno nous fait un commentaire sur les musulmans jeunes qui devraient mettre leur casquette droite et éviter de parler verlan (comme si tous ceux qui portent la casquette de travers sont des musulmans ou que les musulmans du moment qu'ils sont jeunes parlent le verlan et portent la casquette de travers ou bien alors la casquette de travers et le verlan sont les signes extérieurs de l'appartenance à l'Anti-France ennemie perpétuelle de Superdupont), à l'heure où le Sénat vote la privatisation de la poste, où le gouvernement annonce une hausse du SMIC de 0.5% (soit 8.80€ net par mois !), où des gens meurent de froid dans la rue, où Besson met en place un nouveau charter de retour vers l'enfer, donc à l'heure de tous ces sujets d'actualité France 2 nous diffuse un reportage sur un événement planétaire à coté duquel tous les autres sujets ne sont que billevesées : l'assemblée de fin d'année de la section UMP des Hauts de Seine dont le président n'est autre que le rejeton de qui vous savez.
Pendant plus de 4minutes (ce qui a constitué le plus long sujet traité dans le 20H de France 2) on a eu droit à Junior claquant la bise à Pasqua, Balkany et quelques vieilles rombières à joncaille, Junior répondant aux questions du journaliste lèche cul de service sur comment il avait vécu l'affaire de l'Epad, Junior faisant son petit discours avant l'apéro (il trinque à l'eau) et tout à l'avenant. En clair se reportage n'a rien appris d'important pour l'ensemble des Français à part peut être qu'à l'UMP ils n'ont plus de pognon et ils sont obligés de trinquer à l'eau.
Franchement on s'est demandé si l'espace de quelques minutes on avait pas changé de pays où d'époque. C'était un reportage comme doit en réver Kim Jong Il le fameux bienfaiteur de l'humanité en général et de la Corée du Nord en particulier.
On savait qu'une grande partie de la rédaction de France 2 dont sa directrice Arlette Chabot et son présentateur vedette David Pujadas avait une haleine très chargée à force de faire une feuille de rose à tout ce que le gouvernement et l'UMP comptent de trous du cul. Mais là franchement s'adonner à cette pratique pendant 4 minutes, à une heure de grande écoute (Il y a quand même des enfants qui regardent) et sans retenue c'est affligeant.
Ils n'ont vraiment aucune honte.
Rappelons nous tout de même que Pujadas avait déjà interrogé le prince Jean lors de l'affaire de l'Epad. Alors on peut se demander à juste titre si France 2 ne se serait pas vu imposer un package "Promotion de l'image du prince qu'on sort" avec compris dedans diffusion régulière de reportages sur l'action plus que réduite, le discours plus que banal du fils du président de l'UMP et de la République Francaise.
Tenir et Résister
Avec Sarko l'addition c'est toujours pour nous
Le 28 avril 2009 lors d'Etats généraux de la restauration 9 organisations professionnelles de la branche avaient signé un "contrat d'avenir" qui officialisait les engagements qu'elles prenaient en échange de la baisse de la TVA de 19.6 à 5.5%.
Les trois principaux engagements étaient la répercution intégrale de la baisse de TVA au client sur au moins sept produits d'une liste de dix, l'augmentation des investissements consacrés à la modernisation de leurs entreprises et la création en deux ans de 40.000 emplois (20.000 CDD et CDI et 20.000 contrats d'apprentissage ou de professionnalisation) ainsi que l'ouverture de négociations avec les partenaires sociaux sur la rémunération, la formation et la protection sociale des salariés.
Rappelons que la baisse de la TVA sur la restauration coutera à l'Etat en année pleine 2.4 milliards d'Euros. Enfin quand on dit qu'elle coutera à l'Etat c'est plutot aux contribuables qui ne bénéficient d'aucun bouclier fiscal et autres gateries fiscales.
Quand on voit l'impact ou plutôt la quasi absence d'impact de la baisse de TVA sur les prix on peut légitimement avoir des doutes sur l'attachement qu'ont les professionnels de la profession à tenir leurs engagements.
Déjà la baisse proposée sur seulement 7 articles d'une carte qui en moyenne en compte une bonne trentaine ne devait diminuer l'addition que de 3% (loin des 11.8% qu'aurait engendré un répercution de la baisse de la TVA sur l'ensemble de la carte). Les statistiques de l'INSEE laissent aujourd'hui transparaitre une diminution constatée des prix de la restauration de 1.5% et encore les prix auraient augmenté de 0.1% en octobre. Mieux sur un an les prix ont baissé de 0.5% dans les restaurants et 0.3% dans les cafés. En clair les taverniers avaient probablement augmenté leur prix en prévision de la baisse de la TVA mais une fois la TVA descendue à 5.5% ils n'ont pas ou peu répercuté la baisse sur leur prix. Tout benef pour eux.
Mais alors que fait le gouvernement qui a validé le fameux contrat d'avenir ? En clair rien de concret et surtout rien de contraignant. Il multiplie les déclarations plus guerrières les unes que les autres. Ainsi après le rejet de l'amendement de communication électoraliste du Sénat qui remettait la TVA à 19.6%, Luc Chatel a dit que cela constituait un avertissement. Attention ça doit frémir dur dans les cuisines.
Sur le deuxième volet des promesses de la restauration c'est à dire les investissements, l'évaluation à l'heure actuelle est trés difficile voire impossible à faire.
Enfin sur le dernier point, l'emploi : l'échec des récentes négociations entre organisations salariales et patronales semble indiquer que les restaurateurs sont aujourd'hui moins entousiastes à faire profiter leurs employés de la baisse de la TVA. Ils pourront toujours prétexter que l'application du nouveau taux de TVA à mis fin au dispositif qui allouait une prime de 180€ mensuel par salarié plus communément connu sous le nom de prime "Sarkozy". Le gouvernement en réponse à cette attitude peu coopérative des bistrotiers a menacé de revenir sur les différents dispositifs d'allégement de charges sociales dont bénéficient encore les entreprises de restauration au même titre que n'importe quelle autre entreprise. En particulier tous les dispositifs Fillon ou ce qui les a remplacés (allégement dégressif en fonction du niveau de salaire jusqu'à 1.6 SMIC). Ainsi on apprend que malgré l'augmentation de leur gain de 8.3% (pour ceux qui appliquent la baisse sur les prix) sans qu'ils aient déboursé un seul centime supplémentaire il bénéficient encore d'allégements de charges sociales. Et comme toujours qui dit allégements dit manque à gagner pour la Sécu et compensation (et encore pas toujours) par l'Etat et donc augmentation des dépenses. Et comme les recettes baissent du fait entre autres de l'abaissement de la TVA le déficit augmente. Rappelons qu'un déficit a toujours un coût présent avec la diminution des effectifs de la fonction publique ou l'abandon de services publics pour diminuer les dépenses. Mais il a aussi un coût futur avec le paiement du service d'une dette que l'Etat est obligé de contracter pour faire face à ses échéances.
Et donc en finalité comme toujours avec Sarko l'addition c'est pour nous.
Tenir et Résister