Sarkozy redécouvre l'impôt sur le revenu
Quatre mois que ça durait. Tout ce que compte la presse de plumitifs, pisse copie et autres brushing du 20 heures de la machine à décérebrer communément appelée télévision était sur des charbons ardents et ressassait à l'envi la question: qui allait être premier ministre et qui serait ou ne serait pas du gouvernement ? Certains de conjecture en supputations en perdaient le sommeil : des noms circulaient. On croyait savoir.....
Enfin pour faire bref depuis le mois de juin et l'annonce du remaniement ministériel par la buse de l'Elysée, ils nous ont bien cassé les dévotions (comme on dit à la Réunion).
A l'heure où Terminator Sarkozy attaquait à grand coup de massue le régime des retraites en nous présentant son oeuvre de destruction (réforme en langage Sarkozyen et UMPiste) comme devant résoudre enfin le problème du financement des retraites jusqu'en 2018 (alors qu'en 2003 Fillon ministre de l'emploi nous avait annoncé que sa réforme devait résoudre le probléme jusqu'en 2020!!!) la préoccupation d'une certaine partie de la presse était de savoir à quels porte flingues il padrino capo di tutti capi allait il confier la tache d'achever l'oeuvre.
Selon les sondages la majorité des Français n'en avait strictement rien à foutre. Pauvres hères qu'ils étaient à se soucier de leurs petits problèmes de retraites, emploi, logement et pouvoir d'achat.
Enfin dimanche Sarkozy nous annonçait son nouveau gouvernement. Et là ça décoiffe. On est plus proche de "on ne change pas une équipe qui perd" (rien pour attendre) que d'une équipe qui peut susciter ne serait ce qu'une once d'espoir. A part quelques centristes venus à la soupe comme Mercier c'est un retour à un gouvernement RPR pur jus.
Remarquez c'est plutot franc. Avant on avait un gouvernement que certains pouvaient qualifier "d'ouvert à gauche" qui appliquait une politique de droite. Désormais pour les 18 derniers mois d'un quinquennat (on ne remerciera jamais assez Chirac d'avoir permis de réduire par anticipation le calvaire de tous les Français de deux ans) on aura un ministère RPR qui appliquera une politique de droite sans complexe.
Cette politique justement c'est ce de quoi hier Sarkozy est venu soliloquer devant trois présentateurs (on ne parle pas de journalisme dans l'exercice d'hier) placés là pour servir la soupe à leur maître et menteur.
Dans tout le catalogue des mesures annoncées par l'occupant à titre gratuit (pour lui)de l'Elysée on en retiendra une majeure.
La suppression du Bouclier Fiscal. Enfin serait on tenté de dire. Hélas comme souvent avec Sarkozy, une mesure qui peut semble apporter de la justice et toujours accompagnée par une autre mesure qui à terme augmentera encore plus les inégalités. En l'espèce : la suppression de l'ISF. Pour faire simple et rapide La suppression du bouclier fiscal permettra à l'Etat d'économiser les 700 millions qu'il reversait aux plus riches. A l'inverse la suppression de l'ISF entrainera un manque à gagner de 3,9 milliards d'Euros de recettes payés par les mêmes riches. Soit à terme un déficit de 3.2 milliards d'Euros.
Pour compenser ce manque à gagner, le Prince Président du Pouvoir d'achat du président propose, ce qui n'est pas en soi une mauvaise chose, de taxer les revenus et plus values du patrimoine plutot que le patrimoine.
Mais cette taxe existe déjà : elle s'appelle l'Impôt sur le Revenu. Et c'est même un des impôts les plus justes parce qu'il est progressif et non tout simplement proportionnel. C'est à dire que plus les revenus sont élevés plus les taux de prélévement sont importants.
A moins que dans l'esprit du futur ex président de dans deux ans, cette taxe ne soit que proportionnelle. Ce qui voudrait dire que l'on appliquera le même taux que l'on gagne 10 ou 100000€.
Hélas il y a fort à craindre que ce ne soit cette solution qu'applique Sarkozy.
Tenir et Résister
Les concons flingueurs
Ca pue la fin de règne. Et c'est jamais très bon pour le peuple. Sarkozy sent que les choses lui échappent, qu'il a perdu cette vista qui lui faisait marquer des points dans l'opinion même quand il tapait à grand coups de lattes dans la sécu. Il pensait qu'il pouvait se permettre tout et son contraire. Il lui suffisait de s'agiter devant les caméras plus que complaisantes de quelques plumitifs pisse copies pour que le bon peuple béat d'admiration devant tant d'énergie lui passe ses excés.
Mais le bon peuple a beau être con il y a quand même un moment où ne voyant rien venir de ces mirobolentes promesses du candidat Sarkozy il se demande si tout ça n'est pas que de l'agitation. Vous rajoutez par dessus une crise sans précédent qui fout quelques centaines de milliers de salariés à la rue pendant que le principaux provocateurs de la crise (les banques et con sorts) continuent impunément de s'en mettre plein les fouilles.
Et en plus pendant ce temps là l'hote à titre gratuit de l'Elysée continue son entreprise de démolition du secteur public et d'un système social français qui justement a permis de rendre l'impact de la crise moins fort pour l'économie et l'emploi.
Et c'est à ce moment là que l'ex omniprésident de l'arrêt public décide de lancer ce qui pour lui doit être sa grande réforme sociale : la réforme des retraites.
Pour cela il choisit une pointure qui a conduit le budget de l'Etat et de son parti politique d'une main de fer dans un gant de boxe : Eric Woerth c'est le nom de l'arquebusier en question.
La première phase dite de concertation (c'est comme les négociations sauf que la décision finale est déjà prise avant) se passe plutôt bien (enfin pour lui).
On (enfin il) décide alors de porter le projet devant le parlement après les vacances, histoire de moins passer pour les enfoirés qu'ils sont. Mais voilà l'homme de la situation apparait dans la presse comme un homme pas si intégre que ça. Il aurait obtenu pour son épouse une situation et aurait, comme c'est bête, frauder en tant que trésorier du parti à l'insu de son plein gré il va s'en dire.
Et là c'est parti pour le grand manége et ménage de l'été. Pas un jour sans qu'un journal ne révéle des malversations, ou du népotisme ou les deux à la fois.
Un jour on apprend que le ministre du budget et trésorier de l'UMP aurait faciliter l'obtention du hochet (la légion d'honneur) pour l'alors futur employeur de son épouse et gérant de la fortune d'une vieille rombière toujours prompte à financer le parti populiste, la campagne de son candidat à l'élection présidentielle voire même les propres campagnes électorale du collecteur de fond lui même . Un autre jour on apprend que l'homme intégre a fourgué un hippodrome et quelques hectares de forêt propriété publique de la ville dont il est l'édile pour quelques malheureux deniers à un ami et sans respecter la procédure idoine. Etc etc....
Devant l'incendie médiatique dans lequel risque de cramer l'homme qui doit conduire LA réforme de son régne, Sarkozy s'empresse d'ouvrir un contre feu.
Dans le désormais célébre, mais qui n'en reste pas moins nauséabond, discours dit de Grenoble, il revient à ses fondamentaux. La sécurité Mais pour que ça marche il lui faut trouver un bouc émissaire de préférence qu'il n'aura jamais utilisé. Les jeunes, la caillera, les voyous, les récidivistes, les malades mentaux,les pedophiles, les chiens dangereux ou les clandestins c'est pas possible il les a déjà utilisés voir plusieurs fois dans l'une ou l'autre des 33 lois qu'il a fait voter depuis 2002.
Des incidents étant intervenus au début de l'été dans lesquels ont été impliqués des gens du voyage, Sarkozy n'hésite pas et désigne les gens du voyages en général et les Romanichels ou Rom comme "Stigmatisés de l'été 2010". Le choix est pour lui judicieux. Ils sont facilement repérables, peu appréciés par le bon peuple qui ne supporte plus de les voir mendier dans la rue ou de les entendres massacrer à grand coup d'accordéons le patrimoine musical français dans le métro.
Une fois désigné le bouc émissaire, il faut mettre en route la machine à faire de l'information (rappelons nous que tout ça c'est avant tout pour faire oublier l'affaire dite "Bettencourt - Woerth"). Donc il faut du mouvement.
Et c'est la qu'entrent en scéne les concons flingueurs.
Hortefeux avec sa tronche de collabo qu'on imagine parfaitement pendant l'occupation à écrire des lettres de dénonciation (quand il y en a un ça va c'est quand il y en a plusieurs que ça pose problème) signées "Un vrai Français" et à la manoeuvre. Epaulé par le Doriat des années 2010 : le félon Eric Besson.
Sans parler des deux Nicois : Estrosi et Ciotti qui eux parlent de mettrent en taule les parents d'enfants délinquants ou les maires défaillants en matière de sécurité.
Enfin n'oublions pas le porte flingue numéro un de l'UMP et de son président : Jean euh non Frédéric Lefévre. .
Si à chaque fois que ça sent le roussi pour lui ou sa bande, Sarkozy doit trouver un nouveau bouc émissaire on peut s'inquièter pour les Roux, les barbus, les homosexuels ou les gauchers.
Tenir et Résister
60 ans : Pas encore retraité mais toujours chômeur
Il semblerait que la messe est dite.
Malgré une campagne magnifiquement orchestrée par Sarkozy, le gouvernement et l'UMP avec l'aide (involontaire ?) du COR et parfaitement consciente de la majorité des média, l'opinion publique reste à 57% attachée à la retraite à 60 ans.
Mais n'écoutant pas ce que lui disent les Français, le gouvernement tout attaché à son dogme principal du réglement des déficits par la réduction des dépenses, aurait décidé de passer l'age de la retraite de 60 à 61,62 ou 63ans.
On peut déjà noter que cette mesure est injuste en particulier pour ceux qui ayant commencé à travailler avant 19ans souvent dans les emplois les plus durs (parce que ne demandant pas de formation poussée) devront cotisé au dela de la durée de cotisation requise qui doit passer à 41 ans. A moins que, ce qui est fort probable, Sarkozy et sa bande de peigne cul ne décident aussi d'augmenter le nombre de trimestres nécessaires pour percevoir une pension de retraite pleine.
Le recul de l'âge de départ à la retraite va entrainer de manière technique et automatique une augmentation du chômage. En effet rappelons cette particularité bien française : 20% des 15-24 ans et 60% de 55-64ans sont au chômage.
Donc avec un droit à la retraite à 62 ou 63 ans, celui qui à 60 ans est sans emploi (Chomeur ou bénéficiaire de revenu minima) devra attendre 2 ou 3 ans de plus avant de toucher une pension qui sera plus faible à cause des décotes pour trimestres manquant.
Si on prend maintenant le cas d'une personne qui à 60ans a encore un emploi, elle restera donc 2 à 3 ans de plus en activité et reculera d'autant l'embauche de son remplaçant potentiel plus jeune qui soit restera au chômage soit ira s'inscrire au pôle emploi.
Le recul de l'age de la retraite pour Sarkozy, Woerth et l'UMP agira plus sur une baisse des dépenses que sur une augmentation des recettes. On voit tout de suite que les recettes engendrées par le versement des cotisations au taux de 15.65% du salaire total de 40% des personnes de 60 ans encore en activité ne couvrira jamais les pensions représentant 50% de ce même salaire des 60% sans emploi.
Le COR dans son rapport préconisait en gros trois mesures : le recul de l'age de la retraite, l'allongement de la période de cotisation et la mise à contribution d'autres revenus pour le financement des retraites.
Il semblerait qu'il ait oublié le principal : la lutte contre le chômage.
N'oulions pas que nous sommes en France dans un système de retraite par participation ce qui veut dire que ceux qui travaillent payent les pensions de ceux qui sont à la retraite.
En clair si vous ne faites rien pour augmenter l'emploi (et donc les cotisations) vous pourrez toujours mettre en place des plans drastiques pour diminuer le nombre de retraités (et oui c'est de cela qu'il s'agit avec les mesures de Sarkozy) vous serez amenés au bout de quelques années à de nouveaux plans et ainsi de suite jusqu'à la quasi disparition du système de retraite à moins que vous ne trouviez d'autres sources de financement que les simples cotisations sur les salaires.
On le voit encore une fois Sarkozy qui n'aura de toutes les promesses électorales faites lors de la campagne présidentielle de 2007 retenu que celle de ne pas être le président qui augmentera les impôts (et encore) ne veut agir que sur les dépenses et jamais sur les recettes. A moins qu'il ne se résigne comme annoncé enfin à mettre à contribution les revenus du capital pour financer les retraites. Espérons seulement que là on quittera le symbolique message à envoyer à l'opinion avec des taux mini pour appliquer des taux de prèlévement vraiment significatifs et efficaces. Mais hélas on ne peut qu'en douter.
Tenir et Résister