Un temps déraisonnable
"C'était un temps déraisonnable
On avait mis les morts à table
Tout changeait de pôle et d'épaule..." écrivait Aragon dans "Est-ce ainsi que les hommes vivent?"
Le 21 février 1944, dans une clairière enneigée du Mont Valérien, 23 hommes dont les 10 de l'Affiche Rouge, la plupart étrangers et certains juifs, tombaient sous les balles des nazis pour avoir combattu les armes à la main l’occupant et l'extrême-droite française collaborationniste incarnée par un maréchal décati.
Le 21 février 2026, 82 ans après, dans les rues de Lyon, ville de la Résistance au nazisme et à la collaboration, défilaient, protégés par la police, plus de 3000 membres de l'extrême-droite pour rendre hommage à l'un d'entre eux. Quentin Deranque est mort à 23 ans à la suite d'une rixe contre des antinazis auxquels, avec d’autres, il avait tendu un guet-apens. Personne ne doit mourir à cause de ses idées, fussent-elles immondes, à 23 ans comme à n'importe quel âge. Mais la mort dramatique et regrettable de cet homme ne doit rien enlever de ce qu'il portait comme idéologie. Il était identitaire proche de l'extrême-droite selon l'expression des médias, pour ne pas dire qu'il était d'extrême droite. Alors que les antifas étaient qualifiés d’emblée d’extrême-gauche par ses même médias comme pour mieux marquer une proximité avec LFI étiquetée comme telle par Macron et ses sbires. Il apparait de plus en plus que ce jeune homme était proche sinon membre de groupuscules notoirement violents, racistes et antisémites.
Le 17 février, quatre jours plus tôt, dans l'indécence la plus totale, les députés lui rendaient hommage avec une minute de silence suite à la demande d'une présidente de l'assemblée nationale, à la pratique de la minute de silence plutôt sélective, et qui pourtant se revendique juive. Ce qui est son droit et est parfaitement respectable. Mais il n'est pas sûr que les descendants ou parents des victimes de la barbarie des nazis et des collabos de l'extrême-droite française d'alors apprécient cet hommage rendu à un membre de l'extrême droite d'aujourd'hui.
Voici venu un temps déraisonnable.
Tenir et Résister
Une loi avec Duplomb dans l'aile
Dans la torpeur d’un été au climat orageux tant météo comme politique, une douce brise est venue apporter un peu de fraîcheur. Ce vent a pris la forme d’une pétition initiée par une jeune étudiante qui demande le retrait de la loi Duplomb. Cette pétition a recueilli près de 2 millions de signatures.
De quoi cette pétition est elle l’expression ?
D’abord d’un rejet d’une agriculture industrielle capitaliste qui, à la recherche de profits toujours plus grands, n’hésite pas, à coup de néonicotinoïdes, à empoisonner la nature et les personnes -à commencer par les premiers exposés que sont les agriculteurs-. A l’heure où les sécheresses se font de plus en plus longues et fréquentes, cette agro-industrie veut aussi privatiser à son seul profit, un bien commun : l’eau pompée dans les aquifères pour être stockée dans des méga bassines en plein soleil.
La pétition est aussi la dénonciation en France et sous Macron d’une démocratie dite « défaillante » par certaines instances internationales. Démocrature qui permet à un sénateur agro-industriel et représentant de la FNSEA d’élaborer une proposition de loi pour son seul intérêt particulier au détriment de l’intérêt général. Ceci montre bien les limites et les dérives d’une démocratie représentative et compétitive. Sous prétexte qu’ils ont été élus, certains de ces " représentants du peuple" s’arrogent le pouvoir de faire ce qu’ils veulent même ou surtout contre l’intérêt général. Tout ceci vient s'ajouter à toutes ces procédures constitutionnelles qui d'exceptionnelles deviennent quasiment la règle. Nomination d'un chef de gouvernement issu d'un groupe minoritaire en voix aux dernières législatives, gouvernement minoritaire qui ne gouverne que grâce à un chantage exercé sur une extrême droite qui collabore (vieux réflexe peut être?) d'autant plus facilement que l'exécutif reprend à son compte ses idées nauséabondes, arrangements avec des politicards de bas étage prétendument d'une "gôche" de gouvernement, recours abusif au 49.3 pour imposer des budgets délétères pour les plus pauvres et généreux pour les plus riches, mésusage du règlement de l'assemblée nationale ..
Vivement la démocratie citoyenne directe vraiment participative
Tenir et Résister
Des fleurs pour Algernon (2) : La Régression Est Maximum
Un jour un professeur inventa une machine prodigieuse qui pouvait modifier le QI des gens.
Pour en tester le bon fonctionnement, il demanda à son assistant de s'assoir dans la machine puis referma la porte.
Pour que son invention soit reconnue par la monde entier il devait mener une expérience probante et incontestable. Aussi il poussa le curseur qui permettait de déterminer le niveau de QI à atteindre à 180, soit un niveau jamais atteint par un humain.
Au bout de 2 minutes l'assistant ressortit. Le professeur lui fit passer les tests. Son collaborateur avait acquis un niveau de 185. Soit au dessus du maximum.
La machine fonctionnait à merveille et même au delà des espérances de son inventeur.
Le professeur se prit alors d'un doute. Devait-il laisser son assistant avec un tel QI? Celui ci en effet n'allait il pas se sentir isolé ou s'ennuyer comme ces enfants surdoués qui passent pour des cancres ? Et si cette machine tombait entre les mains de gens malintentionnées ? Hommes politiques, financiers ou escrocs ?
Non il ne pouvait pas faire ça à cette personne qui jusque là lui était dévouée et courir le risque que son invention tombe entre des mauvaises mains. Alors , en accord avec son assistant qui comprenait parfaitement la situation et avait abouti aux mêmes conclusions que son patron depuis longtemps, Il décida de ramener son adjoint à son niveau initial de QI et de détruire ensuite la machine.
L'homme au QI de 185 s'installa donc à nouveau dans la machine. Le professeur commença à ramener le curseur jusqu'au niveau 100 mais le curseur , pour une raison inexpliquée se mit à descendre tout seul. Le professeur affolé, essaya de remonter le bouton. Impossible ! Le curseur descendait toujours. 80,70,60..... L'inventeur essayait toujours en vain de remonter ce foutu bouton. 40,30,20... Le professeur pris de panique décida alors de bloquer le bouton 19,18,17,16 aux prix d'efforts surhumains il parvint enfin à bloquer le bouton sur 15. Ouf ! Mais impossible de remonter. Le professeur était désespéré. Qu'allait devenir cet homme avec un QI de 15?
Au bout de deux minutes, la porte s'ouvrit. L'assistant tout rouge sortit de la machine et levant les mains en faisant le signe de la victoire il se mit à gueuler :
"En marche la France...Macron Président....En marche la France...Macron Président....".
Tenir et Résister