La réforme selon Sarkozy
Entendu à la radio : "Selon un sondage TNS/Sofres 49% des Français font confiance à Nicolas Sarkozy pour réformer. Il est devancé de 10 points par Ségoléne Royal ."
Petit rappel.
La réforme selon le corbeau de Bauveau c'est:
la mise en place d'un ultra libéralisme que n'auraient pas renié Maggy Tatcher et feu Ronald Reagan,
l'instauration de la fléxibilité précarité pour tous les salariés avec un contrat unique et l'assouplissement des règles de licenciement,
la réduction du déficit budgétaire par le désengagement de l'Etat dans tous les secteurs y compris ceux du service public,
l'incitation au travail par l'abaissement voire la suppression des prestations sociales (Mieux vaut un salarié pauvre mal payé qu'un pauvre assisté),
une fiscalité réduite pour des classes prétendument moyennes mais en réalité trés au dessus de la moyenne par des exonérations de droit de succession, un bouclier fiscal ramené à 50%, des suppressions de droit sur des donations,
la démocratie étouffée avec le renforcement du rôle du président de la république,
la détection des comportements violents et associaux dès la crèche et probablement pas dans toutes les crèches ou maternelles mais celles qui sont dans un environnement potentiellement favorable au développement de tels comportements,
la police à l'école et au collége, dans la rue, les trains, aux frontières, sur la mer, dans les airs
des caméras dans les rues, les gares, les aéroports, les écoles, lycées, universités, les hopitaux, dans les champs, dans les prés, dans les montées d'escaliers, dans les toilettes....,
la repression dans les banlieues, sur les routes, dans la presse, dans la fonction publique....
Peut être que sur les 49% de sondés qui voient dans le sinistre de l'intérieur comme à l'extérieur un reformateur, une partie ne pensait pas à ces réformes là.
Tenir et Résister
Le contrat unique selon l'UMP
La visite du site internet de l'UMP est trés instructive ne serait ce que pour avoir une idée de ce que propose le parti populaire populiste en matière de contrat de travail.
Un bandeau propose de "dire non au chômage des jeunes" et de "soutenir le contrat première embauche". Tiens avant c'était "Avec Nicolas Sarkozy signer la pétition pour soutenir le CPE". Les temps et les positions changent. Apparement le vautour de Beauvau ne soutient plus une mesure qu'il a pourtant grandement inspiré.
Dans la rubrique dossiers Economie/Emploi un article intitulé "Repenser le contrat de travail en instaurant le contrat de travail unique" nous instruit plus sur les propositions de l'UMP (Unis pour nous la Mettre Profond).
Ces propositions s'appuient principalement et uniquement sur le rapport Cahuc-Kramarz.
Dans ce rapport il est constaté que :" La réglementation actuelle de la protection de l?emploi est un frein à la création d'emplois. De très nombreuses embauches avec des contrats durables ne se font pas parce que les entreprises savent qu'il leur sera très difficile de licencier. ". En clair c'est parce qu'il ne peuvent pas licencier facilement que les employeurs n'embauchent pas.
Pour remédier à ces problèmes l'UMP propose d'instaurer un contrat de travail unique donnant droit à des indemnités de licenciement plus importantes.
C?est un contrat à durée indéterminée. Il est donc faux de dire que le contrat unique serait la mort du CDI ! Ce contrat de travail unique ne modifierait pas l'obligation pour les entreprises de respecter les procédures de licenciement.
A la lecture de cette proposition on se dit que l'UMP est devenu un parti de gauche défendant le salarié, qu'il a renoncé au libéralisme et qu'à la fin des meetings les foules de partisans en délire se léveront et brandissant un poing vengeur entameront à l'unisson "L'internationale".
Mais un doute s'installe. D'un coté on vous dit que la réglementation actuelle de la protection de l'emploi est un frein à la création d'emploi et d'un autre on vous dit qu'il n'y aura plus que des CDI qui ne modifieront pas l'obligation de respecter les procédures de licenciement...
Hum Hum....
Bon dieu mais c'est élementaire mon cher Watson.
Ce que ne dit pas l'article de l'UMP (Union pour le Magot Patronal) c'est qu'on va instaurer un contrat unique CDI et tout et tout mais on va aussi modifier les procédures de licenciement. Par exemple en disant que le licenciement n'a plus à être motivé (Peut être pas après le CPE ca ferait pas bien) ou en modifiant la notion de licenciement économique.
Fallait y penser.
Tenir et Résister
CPE : la jeunesse n'est pas une tare
Vendredi après avoir vu séparement tous les représentants des principales centrales syndicales de salariés, étudiants, lycéens et patrons, Bernard Accoyer dans une lapidaire déclaration a annoncé qu'une synthése sera dégagée pour élaborer dans la concertation une proposition de loi sur le CPE. Cette proposition de loi pourrait être prête lundi et présentée en présence de Villepin ainsi que d'autres ministres dont Sarkozy.
Le Figaro de Samedi devait publier un entretien de Nicolas Sarkozy dans lequel il annoncait des propositions pour sortir de la crise. Cette publication a été dans un premier temps reportée, à la demande de Chirac selon certaines sources, avant d'être ajournée sine die par le sinistre de l'intérieur "compte tenu des contacts en cours" selon son entourage.
On ne peut que constater que ce qui préoccupe les deux prétendants à la magistrature suprême du parti populiste c'est de pouvoir se placer comme celui qui aura su sortir le pays du bourbier CPE pour en tirer les avantages le moment venu. Rappelons nous aussi que cette crise majeure est quand même leur oeuvre commune avec Sarko comme inspirateur du CNE et du CPE et Villepin comme installateur pour couper l'herbe sous le pied de son adversaire de ces deux mesures controversées.
Il semblerait selon certains journaux que l'on se dirige vers une substitution du CPE par un contrat aidé plus ciblé vers les jeunes en difficulté reprenant ou s'inspirant des contrats élaborés par Fillon alors qu'il était ministre des affaires sociales.
Encore un contrat aidé! C'est vraiment histoire de dire que l'on annule pas purement et simplement le CPE.
La multiplication de tous ces contrats aidés destinés aux jeunes entrant sur le marché du travail, accompagnés de mesures fiscales, de ristournes sur les charges sociales ou autres subventions pour des rénumérations très souvent proches du SMIC voire inférieures, aboutit probablement à donner du jeune une image négative aux yeux des employeurs potentiels. En clair les entreprises peuvent penser que si on les incite à embaucher des jeunes contre des avantages financiers c'est que c'est une main d'oeuvre mal formée, sans expérience et de "moins bonne qualité".
La jeunesse n'est pas une tare même sur le marché du travail.
Plutôt que de répéter les supposés défauts du jeune travailleur on devrait insister sur les qualités propres de cette jeunesse. Effectivement beaucoup de jeunes sont peu ou mal formés mais on se forme et on s'adapte beaucoup plus facilement quand on a vingt ans que quand on en a quarante. Le manque d'expérience plutôt que d'être perçu comme un défaut devrait être considéré comme un avantage de pouvoir former dans l'esprit de l'entreprise un jeune qui n'a par essence aucun a priori puisque pas d'expérience. La jeunesse c'est aussi une réelle capacité d'adaptation, souvent plus de créativité. Combien d'entreprises meurrent du fait de n'avoir pas su intégrer des jeunes dans leurs effectifs? Il faut inciter les entreprises à investir dans la jeunesse pas pour des raisons comptables et financières de court terme mais parce que c'est l'avenir à long terme de ces entreprises.
Si l'on devait mettre en place des mesures pour favoriser l'emploi des jeunes on pourrait par exemple aider les employeurs, ayant dans leurs salariés des babyboomers susceptibles de partir en retraite dans un délai moyen de un an ou deux, à recruter des jeunes. Ces jeunes seraient mis en binome avec des futurs retraités qui, durant la période leur restant à passer dans l'entreprise formeraient leur remplaçant. La rémunération du jeune pourrait être assurée par les Assedics et l'entreprise pour atteindre au minimum un SMIC. On pourrait prévoir aussi un départ du salarié ancien avec un passage au temps partiel gradué diminuant dans le temps avec une prise en charge de sa perte de salaire par les caisses de retraite. L'employeur tirerait un avantage d'un remplacement en douceur tout en gardant une certaine transmission du savoir.
A ceux qui reprochent aux personnes qui sont contre le CPE et le CNE d'être dans la critique constante et sans proposition on peut dire que des solutions sont possibles et ce même à l'heure de la mondialisation. Mais pour cela il font rompre avec cette idée que le libéralisme, la déréglementation et la loi du marché sont les seules issues.
Tenir et Résister