UMP : la guerre des gangs continue
Même aux pires moments que connait la République, les gangs rivaux de l'UMP continuent de se faire la guerre.
Hier soir, lors d'une intervention télévisuelle pour laquelle il avait chaussé des lunettes (sans doute pour avoir enfin une vision de l'avenir) le chef de la bande des Chiraco-vilepinistes, Jack Chirac, dit "le vieux qui regarde cramer la France", s'en est pris au chef de la bande rivale des Sarkozistes, Nick Sarko, dit "l'excité de Bauveau". Le chef de l'état a en effet rappelé et demandé le respect d'une loi qui impose à chaque maire d'avoir dans sa ville, au moins 20% de logements sociaux.
Expulsor, il faut se rappeler a été maire d'une ville, Neuilly sur Seine où l'on ne compte même pas 2,5% de logements sociaux.
C'est fou qu'ils s'adorent ces deux là.
Tenir et Résister
Arlette roule pour Sarkozy
Hier soir sur la 2 , l'émission "A Vous de Juger" a été l'occasion pour Sarkozy de nous faire un show. Servi par une plus que complaisante Arlette Chabot, il a pu répondre avec fermeté aux questions que lui posait la présentatrice comme si cela avait été combiné à l'avance.
Je dois reconnaître au sinistre de l'intérieur comme de l'extérieur une certaine habilité dans le discours (probablement due à sa formation d'avocat). C'est vrai aussi que l'on peut parfaitement être d'accord avec lui quand il dit qu'il ne faut pas assimiler les "jeunes" aux "voyous" qui flambent des voitures et des écoles, caillassent les bus ou bombardent les forces de l'ordre ou les pompiers avec toutes sortes de projectiles. On ne peut qu'aquiescer quand il dit que l'on ne peut pas abandonner les quartiers aux trafiquants, que les habitants de ces cités ont le droit de vivre en paix et en sécurité.
Le problème c'est que c'est là un discours qu'il tient depuis trois ans déjà. Quel résultat ont donné les différentes mesures qu'il a appliquées ou qu'il a promis d'appliquer ? Rien en comparaison de la flambée phénoménale de ces derniers jours ( ou nuits plutôt ). Le tout répressif conduit souvent au résultat inverse de ce que ses instigateurs désirent. Il exacerbe la haine de tout ce qui représente les institutions : la police, les pompiers, les politiques, l'école...La répression est nécessaire pour faire respecter les règles de la république mais elle ne peut pas être la seule réponse au problème des cités car elle ne s'attaque qu'aux conséquences et pas aux causes du problème.
Ne faudrait-il pas plutôt chercher à savoir ce qui pousse un "jeune" à devenir un "voyou" ? Le manque de repère et d'encadrement parental ou autre ? La culture de la haine des pouvoirs publics et de l'école ? L'admiration pour les caids ? Le besoin de s'affirmer dans la cité ? Le jeu et la compétition ? L'envie de passer à la télé ou "qu'on parle d'eux"? Le désoeuvrement et la perspective d'un avenir incertain ?Le jour où on aura trouvé la ou les réponses on pourra alors mettre en place un plan qui permettra d'éviter que se reproduisent des événements comme ces derniers jours.
Dire qu'on éradiquera la délinquance des banlieues est une escroquerie. La délinquance qu'elle soit périurbaine ou autre est inhérante à la société. Il y a toujours eu et il y aura toujours des personnes qui ne respectent pas les règles. Pour elles seule la répression est la réponse. Pour les autres qui sont à la limite, la prévention peut jouer un rôle primordial. Pour l'avoir un peu oublier, Sarkozy, comme la plupart des politiques, n'a pas vu le coup venir.
Je pense que la campagne publicitaire d'hier soir aura, hélas, permis à Sarkozy de convaincre les habitants des cités, exaspérés par les violences de ces nuits de feux et tenaillés par une peur grandissante, de sa stature d'homme d'état à poigne. Cà ne m'étonnerait pas que sa cote de popularité remonte.
Mais les habitants de ces quartiers, souvent de classes économiquement moyenne ou faible, qui seraient tentés de voter pour lui en 2007,doivent tout de même se souvenir que Nicolas Sarkozy, s'il communique bien sur la sécurité, c'est qu'il est ministre de l'intérieur certes, mais aussi c'est pour éviter de parler de son programme économique. N'oublions pas que le sinistre de l'intérieur comme de l'extérieur est un néolibéral pur et dur qui prone entre autres gateries, la diminution de la fonction publique, de l'intervention de l'état, des prestations sociales et qui voue une admiration aux USA et à leur économie. Rappelons nous qu'aux USA, 67 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté (soit 12% de la population pour 6% en France). Alors si vous voulez vivre en sécurité (dans les promesses) mais dans la précarité (dans la réalité) n'hésitez pas votez Sarkozy. Mais ne venez pas vous plaindre aprés : on vous aura prévenus.
Tenir et Résister.
Banlieues en feu : des questions
Devant la situation et les graves incidents que connaissent les banlieues française, on peut se poser des questions.
Quelle est l'étendue réelle de ces violences urbaines ?
La flambée de violence est elle l'expression de l'exaspération des jeunes face à l'inaction ou aux promesses non tenues par les politiques?
Quelle part réelle les propos du ministre de l'intérieur et le comportement des forces de l'ordre tiennent-ils dans le déclenchement des hostilités ?
Le jeu et la compétition entre cités sont ils les principaux motifs des actions de ces jeunes ?
La presse et plus particulièrement la télé ne les incite-t-elle pas, malgré elle bien sûr, à aller toujours plus loin, "pour une fois qu'on parle d'eux " ?
Le mouvement est-il aussi spontané qu'on le croit?
Est il aussi structuré que certains le pensent ? Et par qui est il structuré ? Des mouvements politiques, des ultrareligieux ou tout simplement les caïds des cités ?
Les adolescents voire les enfants qui sont impliqués dans ces actes de violence extrème sont ils sans repère ?
Ou la seule autorité qu'ils respectent est elle celle des caïds de la drogue et du bizeness ?
Quel respect ont ils pour les "grands fréres" ?
Quelle est l' échelle de valeur des jeunes incendiaires ?
S'en prennent-ils aux voitures parce que c'est plus facile à faire cramer ou parce que cela représente à leurs yeux une richesse qu'ils ne peuvent pas s'offrir (comme le prétend un sociologue) ?
Pourquoi s'en prennent ils aussi aux écoles, aux bus, à des entrepots, des centres commerciaux ?
Que font ils la journée? Retournent ils à l'école ou restent ils à zoner ?
Que font les parents de ces gosses ? Ont-ils démissionné ou sont-ils simplement dépassés ? Plutôt que de parler seulement de suppression de prestations sociales ne devrait on pas aussi aider les parents qui en font la demande ?
Qui se préoccupe des habitants de ces villes qui ont vu partir en fumée leur voiture et parfois même leur emploi ?
Peut on ne pas comprendre l'exaspération, la lassitude, le dégoût, et l'envie de vengeance de ces gens ?
Comment ces habitants vivent ils ces événements ? Vivent ils dans la peur ? Pourquoi ont ils l'impression qu'on s'occupe plus des casseurs que d'eux mêmes ?
Quand tout cela va-t-il finir ? Et comment ?
Les cassures et les fractures sociales se refermeront elles ?
Quelle politique faudra-t-il appliquer pour que ça ne se reproduise plus ?
La répression ? La tolérance zéro comme l'ont dit en leur temps Chirac et Sarkozy ? La prévention ? Ou les deux à la fois ?
Tenir et Résister