Banlieues en feu : des questions
Devant la situation et les graves incidents que connaissent les banlieues française, on peut se poser des questions.
Quelle est l'étendue réelle de ces violences urbaines ?
La flambée de violence est elle l'expression de l'exaspération des jeunes face à l'inaction ou aux promesses non tenues par les politiques?
Quelle part réelle les propos du ministre de l'intérieur et le comportement des forces de l'ordre tiennent-ils dans le déclenchement des hostilités ?
Le jeu et la compétition entre cités sont ils les principaux motifs des actions de ces jeunes ?
La presse et plus particulièrement la télé ne les incite-t-elle pas, malgré elle bien sûr, à aller toujours plus loin, "pour une fois qu'on parle d'eux " ?
Le mouvement est-il aussi spontané qu'on le croit?
Est il aussi structuré que certains le pensent ? Et par qui est il structuré ? Des mouvements politiques, des ultrareligieux ou tout simplement les caïds des cités ?
Les adolescents voire les enfants qui sont impliqués dans ces actes de violence extrème sont ils sans repère ?
Ou la seule autorité qu'ils respectent est elle celle des caïds de la drogue et du bizeness ?
Quel respect ont ils pour les "grands fréres" ?
Quelle est l' échelle de valeur des jeunes incendiaires ?
S'en prennent-ils aux voitures parce que c'est plus facile à faire cramer ou parce que cela représente à leurs yeux une richesse qu'ils ne peuvent pas s'offrir (comme le prétend un sociologue) ?
Pourquoi s'en prennent ils aussi aux écoles, aux bus, à des entrepots, des centres commerciaux ?
Que font ils la journée? Retournent ils à l'école ou restent ils à zoner ?
Que font les parents de ces gosses ? Ont-ils démissionné ou sont-ils simplement dépassés ? Plutôt que de parler seulement de suppression de prestations sociales ne devrait on pas aussi aider les parents qui en font la demande ?
Qui se préoccupe des habitants de ces villes qui ont vu partir en fumée leur voiture et parfois même leur emploi ?
Peut on ne pas comprendre l'exaspération, la lassitude, le dégoût, et l'envie de vengeance de ces gens ?
Comment ces habitants vivent ils ces événements ? Vivent ils dans la peur ? Pourquoi ont ils l'impression qu'on s'occupe plus des casseurs que d'eux mêmes ?
Quand tout cela va-t-il finir ? Et comment ?
Les cassures et les fractures sociales se refermeront elles ?
Quelle politique faudra-t-il appliquer pour que ça ne se reproduise plus ?
La répression ? La tolérance zéro comme l'ont dit en leur temps Chirac et Sarkozy ? La prévention ? Ou les deux à la fois ?
Tenir et Résister