economie dissidente
Économie Dissidente : A la recherche du paradigme perdu
Face à la domination de l'Économie de Marché, libérale, capitaliste et financiarisée, une Économie Dissidente est possible
A la recherche du paradigme perdu
En 50 ans de 1970 à 2020, la production et la consommation des moyens de satisfaire les besoins de l’humanité a plus que quadruplé alors que la population n’a que doublé. Quant aux prélèvements de ressources pour produire les biens et services ils ont été multipliés par 3.4 quand dans le même temps les émissions de CO2 tout comme la consommation d’énergie sont devenues deux fois et demi plus importantes.
L’humanité vit au-dessus des moyens de la nature. Pour satisfaire des besoins essentiels mais aussi de plus en plus superflus, elle prélève sans compter des ressources naturelles en dégradant les écosystèmes et déstabilisant les conditions même de sa survie sur terre. Cette folle course vers un destin funeste est principalement due au paradigme économique dominant capitaliste. Ce modèle qui est bâti sur trois institutions : le marché, la propriété privée individuelle et la monnaie, ne tient pas compte ou peu des dimensions physiques de la nature dans lesquelles s’exerce l’activité économique.
Et si on intégrait les limites et contraintes physiques de la nature dans le paradigme économique ?
Pour cela revenons aux origines de l’économie
L’économie selon l’étymologie c’est la gestion de la maison. Et plus particulièrement comment un foyer doit disposer des ressources de son domaine pour subvenir à ses besoins. Au fil de l’histoire, l’humanité est devenue le foyer de la planète Terre, la maison qui l’abrite et dont elle tire les ressources nécessaires à la satisfaction de ses besoins. Or l’un des défis majeurs auxquels l’humanité doit faire face aujourd’hui est celui de ressources limitées se raréfiant confrontées à des besoins infinis sans cesse grandissant.
Les ressources sont limitées et confinées physiquement à la planète Terre. Elles se raréfient à cause des prélèvements effectués par l’humanité pour subvenir à ses besoins mais aussi à cause des dégradations de la biosphère engendrées par les nocivités. Les nocivités sont des substances générées par l’activité économique qui, par leurs propriétés physico-chimiques ou leur concentration dans la nature dégradent l’environnement et les écosystèmes voire détruisent les ressources. A ce titre elles peuvent être assimilées à des ressources (négatives) et doivent être appréhendées comme ces dernières en termes de stock et flux matière.
Quant aux besoins, ils sont infinis tant que durera l’humanité et les moyens de les satisfaire augmentent d’une part avec l’accroissement de la population et l’accélération de la consommation de cette population et d’autre part avec l’apparition voire la création de nouveaux besoins.
Pour résoudre le problème de la satisfaction de besoins humains infinis avec des ressources naturelles limitées, le paradigme de la théorie économique capitaliste et libérale place au centre du système économique le marché.
Sur ce marché, où règne une loi de l’offre et de la demande en fonction de valeurs monétaires d’échange ou prix, sont alloués les facteurs de production que sont le capital, les ressources de la nature, le travail et la finance et sont échangés les biens et services produits et la monnaie.
Le tout dans une concurrence parfaite, et par un Homo œconomicus, espèce de super héros omniscient et rationnel (égoïste et calculateur) qui, parfois à l’aide d’une « Main invisible » est à la recherche pour lui de la maximisation de l’utilité des facteurs de production et des biens et services.
Ce modèle productiviste n’intègre pas ou peu les limites de la nature voire contribue grandement à la dégradation des écosystèmes
Certes des tentatives sont faites pour faire dire au marché et au prix la vérité de la nature et de l’environnement :
- valorisation monétaire de la nature, de l’environnement et des communs qui deviennent un capital naturel
- intégration dans les prix des effets néfastes de l’activité économique avec l’instauration de taxes environnementales
- déploiement de mécanismes de marché pour gérer des ressources communes comme l’eau ou des nocivités comme le CO2.
Mais on reste là dans la recherche de l’intérêt particulier en fonction de valeurs monétaires.
Ce modèle délétère pour la nature et l’écologie a aussi des impacts sociaux négatifs :
- Répartition inégalitaire des ressources et des moyens de satisfaire les besoins
- Appropriation et concentration des facteurs de production dans les mains de quelques uns
- Exploitation d’une majorité de la population (les travailleurs) par une minorité de possédants capitalistes
- Difficulté voire impossibilité de satisfaire certains besoins fondamentaux pour la frange de la population la plus fragile
- Recherche de profits financiers à court terme au détriment de la durabilité et viabilité à moyen et long termes
- Captation par une infime minorité des richesses monétarisées produites
Et si on intégrait au modèle économique les limites physiques dans lesquelles s’exerce l’activité économique ?
Pour cela partons de la définition de l’économie telle que l’a formulée Edmond Malinvaud :
« L’économie est la science qui étudie comment des ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société.
Elle s’intéresse d’une part aux opérations essentielles que sont la production, la distribution et la consommation des biens, d’autre part aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations »
Ainsi l’économie est une science ou plutôt des sciences.
L’une portée par les économistes « mainstream », s’intéresse presque exclusivement aux opérations de production, distribution et consommation analysées à travers le prisme des institutions. Institutions définies par Karl Polanyi comme un ensemble de règles informelles ou formelles générées par l’homme dans la société ou l’État. On peut parler alors d’une économie institutionnelle qui fondée sur des constructions de l’esprit humain, entre donc dans le champ d’étude des sciences humaines qui observent et analysent les comportements, les activités, la pensée et les modes de vie des humains.
Une autre économie, proche de l’écologie, va se concentrer sur les aspects et dimensions physiques des ressources rares, de la bio sphère mais aussi des opérations économiques de production, de distribution ou de consommation. On parlera alors d’une économie réelle physique qui sera étudiée par les sciences de la nature mieux à même de formuler des lois universelles de la physique, de la chimie, la biologie...permettant d’expliquer et de prédire les phénomènes naturels auxquels sont soumis les ressources, l’environnement ou les opérations économiques.
On peut dire que la théorie économique dominante libérale capitaliste et son paradigme étant fondés sur les institutions du marché, de la monnaie et de la propriété sont situés dans le domaine des sciences humaines. Et que le problème de la rareté des ressources employées pour satisfaire les besoins ne peut être résolu qu’en intégrant les dimensions physiques des ressources et besoins. Ainsi, seul un paradigme construit à partir du champ des sciences de la nature, les plus à même d’appréhender les limites physiques, pourra apporter une solution.
Pour intégrer les limites physiques des ressources et besoins on peut partir de ce qui constitue le fondement même de toute activité économique et définir ainsi un acte économique fondamental
L’acte économique fondamental peut être défini comme l’utilisation de ressources naturelles en vue de satisfaire les besoins de femmes et d’hommes organisés en société. Souvent pour être utilisées, les ressources doivent être transformées. Pour les transformer l’humanité a recours au travail. La notion de travail ici inclut le travail humain mais aussi et surtout le travail au sens scientifique d’utilisation d’énergie. Comme on l’a vu l’activité économique et humaine génère parfois des nocivités.
Donc l’acte économique fondamental peut s’énoncer ainsi :
Pour satisfaire des besoins, les femmes et les hommes organisés en société, produisent des biens et services en utilisant des ressources naturelles transformées par du travail humain et de l’énergie, en générant des nocivités.
L’Acte Économique Fondamental (AEF) peut aussi être formulé et mesuré.
B = R+L+E+N
B(Biens et Services) = R(Ressources naturelles)+ L(Travail humain)+ E(Énergie)+ N(Nocivités)
Pour quantifier l’AEF on doit se référer à une dimension physique et non monétaire. Cette dimension doit être commune aux différents éléments soit directement soit par le truchement d’équivalence. La masse (ou poids en langage courant), grandeur physique fondamentale qui mesure la quantité de matière contenue dans un corps semble être la plus apte à jouer ce rôle. Et donc L’unité peut ainsi être le kilogramme ou la tonne équivalent matière
La formule synthétique de l’AEF en cumulant les différents flux physiques générés par l’activité économique peut constituer un outil de mesure physique de cette activité économique. Cet instrument peut être utilisé à différentes fins :
C’est d’abord un outil de comptabilité des flux et stocks physiques. Il peut être utilisé pour dresser un constat, un bilan physique de l’économie et dégager les évolutions de l’ensemble ou d’un ou plusieurs flux le constituant.
Par exemple : en 50 ans les prélèvements de ressources ont été multipliés par 3.41 passant de 27 Mds de tonnes en 1970 à 92 Mds de tonnes en 2019
Il peut aussi être utilisé comme un instrument de prévision et de pilotage de l’activité économique
Par exemple pour limiter les effets du changement climatique en France les nocivités (GES) devront être réduites de 164 milliards de kg éq CO2 en 2030 par rapport à 2022 pour respecter les engagements européens. Ce qui implique aussi une diminution de la consommation d’énergie.
En macroéconomie il peut être décliné en un Produit Intérieur Matière reprenant la formule de l’AEF à l’échelle d’une région, d’un pays ou de la Terre et ainsi compléter voir supplanter le PIB
Par exemple en 2018 en France la valeur du PIM était de 1643 milliards de kg équivalent matière pour un PIB de 2353.1 milliards d’euros.
En microéconomie la formule de l’AEF peut être rapportée à l’échelle d’un bien ou service et constituer une Valeur Unitaire Matière pouvant compléter ou remplacer l’ACV (Analyse du Cycle de Vie) qui permet d’évaluer l’ensemble des flux matière entrant et sortant tout au long de la vie d’un produit
Ainsi pour un téléphone portable on peut estimer la VUM à 30kg équivalent matière pour une valeur monétaire moyenne de 200 à 800€
Attention l’Acte Économique Fondamental n’est qu’une partie certes importante d’un paradigme intégrant les dimensions physiques de la nature. Pour bâtir un nouveau paradigme autour de l’AEF, il convient de définir un certain nombre de préalables et principes afin de mettre en place de nouvelles institutions ou de modifier des institutions déjà existantes.
Ces principes asymptotiques (vers lesquels on doit tendre), qui ne sont qu’une proposition, pourraient être les suivants :
Raisonner en quantités physiques et non en valeurs monétaires
Considérer les nocivités comme des ressources et appréhender les deux en termes de flux et stock matière
Instaurer une règle d’or ou verte selon laquelle on ne peut prélever sur la nature plus qu’elle ne peut renouveler ou dégrader les éco-systèmes plus qu’ils ne peuvent le supporter
Considérer les ressources, les nocivités, la bio-sphère et les facteurs de production comme des communs de l’Humanité et leur appliquer les règles de gouvernance dégagées par Elinor Ostrom
Planifier démocratiquement l’activité économique dans le respect de la règle verte
Socialiser les structures de production et distribution en favorisant la coopération plutôt que la compétition
Délier le travail de toute notion de coût monétaire et de l’accession pour chacun aux moyens de satisfaire ses besoins essentiels (salaire)
Corréler la valeur de la monnaie aux dimensions physiques des ressources utilisées et nocivités émises et la quantité de monnaie à l’accession pour chacun aux moyens de satisfaire ses besoins essentiels
Donner à tous et à chacun, les moyens monétaires d’accéder à la satisfaction de ses besoins essentiels.
Instaurer la démocratie participative et directe à toutes les étapes du processus économique et dans toutes les structures du système économique.
Ainsi à la place du marché et de sa centralité, en se basant sur l’acte économique fondamental, on peut instaurer une règle d’or selon laquelle on ne peut prélever sur la nature plus qu’elle ne peut renouveler ou dégrader la bio sphère plus qu’elle ne peut supporter en raisonnant en quantités physiques, en assimilant les nocivités aux ressources et en planifiant l’activité économique. On peut aussi considérer les ressources, nocivités et facteurs de production comme des communs et restreindre la notion de propriété
Tenir et Résister
Vers une proposition alternative de l'économie
Principes d'économie physique fondamentale
Cette année, le jour du dépassement était Le 29 juillet. Au fil du temps, la date de ce dépassement arrive chaque année plus tôt. Pour rappel le jour du dépassement correspond à la date de l'année à partir de laquelle l'humanité a consommé l'ensemble des ressources que la planète peut régénérer en un an.
En 50 ans de 1970 à 2020, les prélèvements de matières premières ont été multipliés par 3.41 et les émissions de CO2 par 2.56 alors que la population sur cette même période n'a été multipliée que par 2.12. Ces quelques chiffres permettent de constater que les prélèvements et les émissions nocives pour l'environnement augmentent plus vite que le simple accroissement démographique. Ainsi l'humanité exerce une pression de plus en plus intense sur la planète jusqu'à aller au delà des capacités physiques de la terre. Ceci est en grande partie la conséquence de l'inadaptation d'un système économique construit à partir d'une théorie essentiellement productiviste dans laquelle la monnaie et la finance jouent un rôle primordial sans prendre en compte la finitude et les limites des ressources terrestres.
Et si on essayait de bifurquer pour prendre une autre voie avec un modèle économique alternatif plus écologique qui intégrerait ces limites?
D’un point de vue étymologique l’économie c’est la gestion de la maison par le foyer qui l’habite. Au fil de l’histoire avec la mondialisation, la notion de maison s’est étendue à la planète Terre et l’humanité est devenue le foyer de cette maison globale dont elle utilise les ressources pour satisfaire ses besoins.
Le défi que doit relever aujourd’hui l’humanité est celui de ressources limitées se raréfiant confrontées à des besoins infinis sans cesse grandissant. Les ressources sont limitées physiquement à la terre et elles se raréfient à cause des prélèvements effectués par l’homme pour satisfaire ses besoins mais aussi à cause des dégradations de l’environnement et destructions de ressources engendrées par l’activité humaine. Quant aux besoins, ils sont infinis tant que durera l’humanité et ils grandissent d’une part avec l’accroissement de la population et d’autre part avec l’apparition voire la création de nouveaux besoins.
Vers une économie physique fondamentale
« L'économie selon Edmond Malinvaud est la science qui étudie comment des ressources rares sont employées pour la satisfaction des besoins des hommes vivant en société.
Elle s'intéresse d'une part aux opérations essentielles que sont la production, la distribution et la consommation des biens, d'autre part aux institutions et aux activités ayant pour objet de faciliter ces opérations. »
La théorie économique dominante libérale place au centre de son modèle l’allocation des ressources sur des marchés enchantés et irréels, où règne une loi de l’offre et de la demande; selon un processus de recherche d’intérêt individuel par homo œconomicus, une espèce de super héros égoïste et calculateur (on dit rationnel en économie) en fonction des prix. Les prix intervenant dans le processus sont sans réel rapport avec la matérialité effective et physique des ressources.
Là où les tenants de cette théorie s’intéressent presque uniquement « aux opérations, aux institutions et aux activités » sans tenir compte ou peu des limites dans lesquelles s’exerce l’activité économique ; il conviendrait de se concentrer sur ce qui constitue le socle même de toute activité économique à savoir « l’emploi de ressources rares pour satisfaire les besoins d’hommes vivant en société ». C'est parce qu'elle a des besoins que l'espèce humaine, à l'instar de tout espèce du vivant, puise dans son environnement de quoi pourvoir à ses besoins. Tout modèle économique bâti sur ce socle doit intégrer pleinement les limites réelles et physiques des ressources rares. Il convient aussi d'abandonner pour étudier cette question cruciale l’approche positive (qui s’intéresse à ce qui est) mise en avant par la théorie libérale pour privilégier une approche normative (qui s’intéresse à ce qui devrait être)
Des mots de Malinvaud on peut définir un acte fondamental sur lequel repose tout système économique. L'acte économique fondamental est l’utilisation de ressources naturelles transformées par le travail en vue de satisfaire les besoins de femmes et d'hommes organisés en société. La notion de travail est ici à prendre dans son acception large utilisée en science physique équivalent à l’énergie plutôt que dans son acception sociale plus restreinte liée au seul travail humain, à l’emploi et au revenu procuré par le travail (sans en minorer l’importance) ou que bien sûr dans son acception capitaliste de facteur de production de richesse.
Principes d'économie physique fondamentale
Pour être efficient, tout système économique fondé sur l'utilisation de ressources naturelles pour la satisfaction des besoins humains doit être bâti sur deux idées maîtresses : d'une part l'unicité de la Terre et d'autre part l'unité de la population qui l'habite. Si l'unicité de la planète est un simple constat, l'unité de l'humanité tient à la fois du constat et de la quasi-injonction.
La Terre est unique à l'échelle spatio-temporelle de l'humanité. Dit autrement il n'y a qu'une seule planète et nous devons faire avec. Et les quelques folles et égoïstes tentatives d'appropriation d'autres corps célestes par des milliardaires étasuniens en mal de moyens stupides de dépenser une richesse accaparée au détriment du reste de la population, ne changent rien à ce constat. L'unicité de la planète impose d'en connaitre les limites et d'intégrer ces limites dans tout modèle économique fondamental. Ces limites sont celles des ressources naturelles y compris énergétiques bien sûr mais aussi celles des déchets, substances, phénomènes et processus naturels ou non qui dégradent l'environnement et détruisent les ressources.
L'unité de l'humanité doit être prise dans les deux sens du terme. L'humanité dans son rapport à la terre et à la nature est une et indivisible. L'action de chacun a des conséquences sur la vie de tous. C'est aussi pourquoi l'humanité doit avancer unie et agir ensemble. Et non plus être l'addition d'individualités agissant chacune pour son seul intérêt particulier tel l'homo œconomicus.
Ces deux idées majeures d'unicité planétaire et d'unité humaine doivent se décliner dans quelques principes qui peuvent constituer la charpente d'un système économique fondamental.
L'économie physique ou réelle fondamentale, qui traite des choses et qui place au centre du système économique l'acte économique fondamental, qu'est l'utilisation par des femmes et des hommes organisés en société, de ressources transformées par le travail en vue de la satisfaction de leurs besoins , repose sur deux préalables et huit principes, tels que définis par Olag Payuden Lacsap .
Préalables de l'économie physique fondamentale
- Raisonner en quantités physiques et non en valeurs monétaires
- Assimiler les nocivités (Gaz à effet de serre, substances néfastes pour l'environnement et les écosystèmes, déchets...) à des ressources en terme de stock et flux matière.
Principes de l'économie physique fondamentale
- Appliquer une règle verte pour la gestion des ressources et des nocivités
- Considérer les ressources et les nocivités comme des communs de l'humanité
- Planifier l'activité économique en intégrant les impératifs écologiques et démocratique
- Socialiser la transformation des ressources que sont la production et la distribution de biens et services en prônant la coopération plutôt que la compétition et la solidarité plutôt que la concurrence
- Délier le travail humain de toute valeur monétaire et de l'accession pour chacun aux moyens de satisfaire ses besoins essentiels
- Corréler la valeur de la monnaie aux dimensions physiques des ressources et nocivités et la création monétaire aux moyens pour chacun de satisfaire ses besoins essentiels.
- Attribuer à chacun les moyens de satisfaire ses besoins essentiels
- Instaurer la démocratie et la participation citoyenne à toutes les étapes du processus économique de transformation des ressources et dans toutes les institutions du système économique.
Attention il n'est pas question de remplacer les totems de l'économie classique (loi du marché, croissance du PIB monétarisé, rationalité efficace.....) par d'autre totems plus verts ou vertueux ou écologiques. L'activité économique n'est pas le tenant et l'aboutissant de toute vie humaine. Fondée sur les ressources naturelles elle doit de fait s'inscrire dans la nature et l'environnement. Et étant exercée par et pour des femmes et des hommes organisés en société, elle doit aussi s'inscrire dans la société.
Les principes ici énoncés ne sont que des propositions pour opérer la bifurcation écologique et économique indispensable si l'on veut que l'humanité subsiste. Elles sont parfois poussées jusqu'à l'extrême dans la logique du raisonnement et ne constituent en aucun cas des règles absolues. Même s'ils ne sont pas appliqués pleinement, ces principes sont à prendre comme des lignes tracées vers lesquelles il faut tendre si l'on veut sortir des diktats mortifères imposés par les tenants de la théorie économique dominante. Certaines de ces lignes sont à prendre en compte d'une manière plus urgente comme le raisonnement en quantités physique, la règle verte, la planification de l'activité économique ou la communisation des ressources. Si leur application peut intervenir dans différents délais, il reste important de définir un point de convergence à court ou moyen terme (5 ans maximum) pour donner une cohérence au système économique alternatif proposé. En effet, l'application de la règle verte et la mise en œuvre de la planification qui en découle n'ont pas de sens si elles ne sont pas menées simultanément en raisonnant en quantités physiques. De même l'abandon de la compétition, de la concurrence et de la recherche de profits individuels pour la nécessaire coopération ne peut se faire que par la conjugaison de la mise en commun des ressources et de la socialisation des moyens de production et de distribution.
Tenir et Résister