Un gouvernement de bonimenteurs
En cette période d'élaboration du budget pour 2007 et de pré-campagne électorale, les membres du gouvernement nous sortent des chiffres à tout va.
Ainsi Jean François Coppé communique-t-il beaucoup en ce moment sur la baisse des impôts qui serait selon lui en moyenne de 20% depuis le début de la législature. Si l'on regarde d'un peu plus prés les chiffres avancés par le ministre du budget, comme l'a fait le "Canard Enchaîné", on s'aperçoit que l'impôt sur le revenu représentait 5.5% du revenu national en 2002 et 4.75% en 2005 soit une baisse de 13.6%. Il faut aussi se rappeler que cet impôt sur le revenu n'est acquitté que par 51% des foyers (ce qui au passage est une spécificité bien française), on peut donc dire que la baisse a profité à ceux qui payent des impôts sur le revenu et l'on sait déjà que la réforme fiscale proposée pour 2007 devrait encore plus profiter aux très hauts revenus. Rappelons nous aussi que l'Impôt sur le Revenu est un impot dit progressif qui est calculé par tranches avec un taux augmentant avec les revenus. On dit souvent que c'est un impôt juste.
La TVA, elle, est acquittée par tout le monde de la même façon quelque soit le revenu tout comme la TIPP ou dans un autre registre la CSG. Et sur toute cette fiscalité dite proportionnelle aucune baisse n'a été mise en place par ce gouvernement.
De plus si on regarde la pression des prélévements obligatoires (fiscaux et sociaux) on voit qu'elle s'est amplifiée entre 2002 où elle était de 43.2% du PIB et 2006 où elle est de 44%. Non seulement les impôts n'ont pas baissé de la même manière pour tous mais en plus les prélévements fiscaux ou sociaux ont augmenté.
Donc Coppé ment par omission. Effectivement les impôts ont peut être baissé mais uniquement l'impot sur le revenu et pas pour tout le monde et pas de la même manière.
Hier Boorlo annonçait à grand cri que le nombre de demandeurs d'emploi avait baissé de 200 personnes en Août. Ah bon. Pourquoi il ne parle pas en taux ce mois? D'habitude il est tout heureux (ou son chef) de nous annoncer que le taux de chômage est passé en dessous des 9% nous promettant même un taux en dessous des 8%. Et oui mesdames zé messieurs pour une voix une seule petite voix ce n'est pas 11, ce n'est pas 10 ce n'est même pas 9 mais c'est, mesdames zé messieurs, seulement un petit huit pour cent que vous pourrez avoir.
Le problème c'est que le Taux de chomage a augmenté, lui, passant de 8.9% à 9%. Cette différence entre le nombre brut de chomeur et le taux de chomage vient essentiellement d'une variation de le population active à la baisse. N'oublions pas aussi que si le nombre de demandeurs d'emploi baisse, celui des allocataires du RMI augmente dans le même temps (entre 80 000 et 90 000).
Tenir et Résister