Le pouvoir de Cécilia
Hier à l'occasion de la visite du prince omniprésident en Bulgarie, "Le Parisien" titrait à sa une "Où est passée Cécilia ?".
On peut effectivement se poser sérieusement la question et pas que pour ce voyage officiel.
Où était passée Madame Sarkozy qui n'est pas allé voter le 6 mai pour le deuxième tour de l'élection présidentielle qui devait voir la victoire de son époux ?
Où était passée la femme du président de la république française qui n'a pas accompagné son mari à un barbecue offert par le président des Etats Unis et la "first lady" lors de leur vacances au USA ?
On peut tout à fait comprendre et approuver qu'elle veuille rester une femme "libre", comme elle aime ou comme on dit qu'elle aime à se définir. Libre de quoi ?
Interrogé sur les raisons de l'absence de son épouse, Nicolas Sarkozy a déclaré qu'elle a été blessée par les polémiques qui ont suivi son intervention dans le processus de libération des infirmières bulgares "qui a été en tout point remarquable et d'une certaine façon difficile", a-t-il déclaré. "Elle a choisi d'être la plus discrète possible, c'est un choix éminemment respectable".
Même si l'intervention de la rombière de Sarkozy tient plus du coup médiatique, on ne peut que se réjouir que son rôle dans cette affaire, si infime soit il, a été d'en accéler la conclusion.
Pour justifier le refus de Madame Cécilia Sarkozy de se rendre devant une commission parlementaire chargée d'enquêter sur les conditions de la libération des soignants bulgares, l'entourage du président de la république évoque le respect de la séparation des pouvoirs.
Rappelons nous ce qu'est la séparation des pouvoirs. La théorie distingue trois pouvoirs distincts et indépendants les uns des autres : le pouvoir législatif, assuré par les députés et sénateurs qui édicte les régles de droit (lois), le pouvoir exécutif, chef de l'Etat et gouvernement, qui propose et applique les régles de droit et le pouvoir judiciaire, les juges, qui règle les litiges en fonction des régles de droit. Certains voudraient rajouter un quatrième pouvoir celui de l'information. Mais vu l'état de la presse aujourd'hui, plus prompte à quelques exeptions près, à cirer les bottes de l'omniprésident, on peut se dire que ce "pouvoir" là est loin d'être indépendant.
Maintenant il serait bon que l'Elysée nous dise de quel pouvoir Madame Sarkozy, qui n'est que l'épouse de l'homme qui occupe les fonctions de chef de l'Etat, est membre. Elle n'a aucun titre ministériel ni encore moins présidentiel. A moins que le prince président ne prévoit de lui conférer un statut spécial ou d'ajouter le pouvoir médiatique aux pouvoirs déjà existant.
Quand bien même, par un de ces à-peu-prés juridiques dont l'ancien avocat de Neuilly a le secret, on en venait à dire que Madame Sarkozy n'est pas une citoyenne ordinaire mais fait partie intégrante du pouvoir exécutif, elle ne pourrait être assimilée au chef de l'Etat lui même et ne pourrait être que considérée au mieux que comme un ministre. Or les ministres peuvent être entendus par une commission d'enquête parlementaire.
Par ailleurs, si l'épouse du président de la république ne peut être entendu au parlement au nom de la séparation des pouvoirs, qu'en est il d'un président de la république venant rendre compte de son action tous les ans au parlement comme l'a promis durant la campagne Monsieur le mari de Madame Sarkozy ?
Tenir et Résister